
Tout le monde en a entendu parlé, tout le monde les a commenté, décortiqué, brouillé, bousillé. Même votre humble serviteur commençait à en avoir ras le bol de ce débat. Les accomodements raisonnables ont donné une belle occasion à Jean-Marc Léger de jouer les intellos de service encore cette semaine avec son sondage bébête.
L'enjeu était important, même primordial, face à la confusion complète qui a été entretenu au cours des derniers mois. Mais il faut tout de même avouer que Jean-Marc Léger, quand vient le temps de commenter une de ses toiles peinte au rouleau, il a plus l'air d'un vendeur de balayeuses que d'un homme muni d'un jugement implacable. Sans offense pour les vendeurs de balayeuses.
Et nos bon éditorialistes de La Presse et du Devoir qui se sont faits un plaisir d'étaler leur supposé intelligence en sermonant le bon peuple, en lui reprochant de ne rien comprendre à ce concept juridique qui existe depuis la mi des années 80. Ça démontre une chose, c'est que le débat devait avoir lieu pour mettre un peu de lumière pour ce qui n'était pas du tout évident pour les Québécois, même pour ces bien pensants les éditos.
Les accomodements raisonnables, avant cette semaine, c'était aussi complexe pour les Québécois que le débat constitutionnel pouvait l'être pendant Meech. Mais il faur arrêter de prendre les gens pour des cons, si on leur explique, ils comprendront. C'est pourquoi la dernière semaine passera à l'histoire pour avoir été la semaine qui a permis au Québec d'éclaircir le concept des accomodements raisonnables. Bien sûr, les éditos auraient bien aimer avoir l'air brillant pendant encore un bout en se targuant d'être les seuls à comprendre mais bon, ils devront se résigner et mettre fin à ce petit power trip passagé.
Sur l'arène politique, il n'y a pas eu de combat. Juste des cailloux lancés de loin à un chef de parti qui a osé dire tout haut que le débat devait se faire et qu'il fallait trouver une solution concrète. C'est drôle comme on reproche un jour à Mario Dumont de n'apporter aucune solution et le jour suivant, quand il propose un geste concret à poser, ses adversaires s'unissent pour clamer que le problème n'en ai pas un et qu'il ne mérite aucune solution. Ah, c'est ça la politique spectacle, celle qui se fait au dépends des idées et au profit des votes.
En fait, Jean Charest a accusé Mario Dumont de démagogue et de faire du capital politique sur le dos des accomodements raisonnables. André Boisclair lui a sensiblement reproché les mêmes tares. (C'est surprenant à quel point Boisclair est incapable d'avoir une idée originale. Quand il ne reprend pas les mots de Dumont, c'est ceux de Charest.) Bon, il faut donc conclure que Charest et Boisclair trouvent que d'amener un débat qui touche et qui préoccupe les gens sur la place publique, d'en parler franchement et honnêtement, en prenant les citoyens pour des personnes capables, face à une exposition claire des points de vue, de raisonner et de prendre une position réfléchie, c'est faire dans la démagogie et chercher à faire des gains politiques ? Voilà une vision réconfortante de la vision de ces deux chefs sur la démocratie et la capacité des Québécois à réfléchir par eux-mêmes. D'un péquiste je ne m'en surprend pas, ils ont la vérité en main, le Saint-Graal de la vertu. Mais venant d'un ex-conservateur, ayant déjà voulu être chef de l'Union nationale mais devenu libéral, c'est plus surprenant. Quoiqu'on puisse en douter.
En fait, le PQ et le PLQ sont tellement enquilosés par le pouvoir qu'ils adoptent toujours l'attitude suivante. À l'approche des élections on gâte les Québécois et on leur fait croire qu'ils sont riches et au cours des trois autres années, on cache nos pièces dans le grenier. Comme quoi "Un homme et son pécher" aurait eu une influence sur la politique québécoise ! Pour les idées, on en parle juste en campagne électorale mais, quand ça devient trop chaud, on s'attaque à la personne pour éviter le débat. Remarquez le, de toute façon, vous l'avez déjà remarqué.
Je m'inquiète de cette absence de vrais débats politiques sur la place publique. Pas ceux scénarisés par les éditos en mal d'action. Mais bien de vrais débats faits par des politiciens et qui durent plus que le temps d'une affirmation et d'une réplique. Un vrai débat de société qui prend les Québécois par les trippes. Mario Dumont a essayé mais l'aversaire est resté hors du ring de peur de se faire huer par la foule. Il n'a pas osé le dire mais les Charest et Boisclair ont été lâches, ils ont attendu cachés dans leur coin pour être sûr de ne pas avoir à s'aventurer sur ce terrain glissant. Mais, quand Charest a réalisé que Dumont faisait des gains en parlant aux citoyens de ce qui les intéressaient, il a attaqué. Il n'a pas tiré sur les idées, il n'a pas élaboré sur le sujet, non, il a tiré sur le messager, comme lui seul en est capable. Quelle belle preuve que le PLQ ne pense qu'à éviter toute contreverse pour ouvrir la fenêtre électorale.
J'espère que les citoyens vont réaliser que le PLQ et le PQ les prenne vraiment pour des caves. Justement "vous êtes pas tanné de mourir bande de caves". Le débat politique se meurt par la peur de la contreverse et il est temps que ça change.
Mario Dumont mérite d'être appaludi comme étant le seul politicien à s'adresser franchement aux Québécois. L'honnêteté et l'intégrité sont choses rares et si la prochaine campagne se faisait là-dessus, Dumont serait le seul sur la ligne de départ.