29 septembre 2006

Latendresse reste à Montréal ou la recherche d'un héros

C'est John Saul qui disait que le culte du héros est devenu, dans la société moderne, un espèce de rituel un peu débilitant qui amène les citoyens à chercher des modèles à suivre. C'est loin dans ma mémoire mais vous pouvez trouver tout ça dans les Bâtards de Voltaire. Livre à lire en passant.

Guillaume Latendresse a signé un contrat avec les Canadiens aujourd'hui. Sortons dans les rues notre sauveur est arrivé pour nous donner, à nous Québécois, l'impression que nous sommes des "winners" l'espace d'un instant. Parce que c'est bien ça le problème. Les Québécois ont tellement une mentalité de "loosers" qu'ils vont s'arracher la manettre de TV pour pouvoir admirer leur héros qui est, en fait, un simple joueur de hockey. Loin de moi l'idée de dénigrer notre sport national au contraire, je le vénère, le sport.

C'est juste que j'ai l'impression que nous ne posons pas nos priorités aux bonnes places. La planète Montréal n'a que le Gui-Gui-Gui en tête aujourd'hui.

C'est bien le petit Québécois de se pâmer comme une adolescente devant un "poster" d'une star d'Hollywood, devant Guillaume et de se dire "aie, lui on en est fier" et de rester assis sur le divan sans même envisager une seconde que de lui aussi nous pourrions dire "aie, lui on en est fier". Là-dessus, j'envie notre voisin du Sud qui a réussi à mettre dans la tête des citoyens que chacun pouvait devenir quelqu'un.

En tout cas, bonne fin de semaine, soyez fier, pas d'être Québécois mais de vouloir devenir quelqu'un de qui on dira "aie, lui on en est fier!".