Le militantisme des enfants roi
Je suis tombé, par hasard, sur la revue Ultimatum 2006-2007 de l'ASSÉ (Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante). Cette lecture de chevet d'une soirée s'est avérée fructueuse au plan des idées. J'ai réalisé à quel point ma génération, celle des Y, celle des enfants roi, a réussi à se draper sous de beaux principes, des belles vertus du militantisme social et étudiant pour dissimuler ses traits de caractère pernicieux. Personnellement, je suis originaire de la campagne, rare endroit où le travail est encore encouragé comme une source de valorisation. C'est pourquoi je m'inscris en faux face au caractère qui distingue tant ma génération et qui me répurgne au suprême degré.L'enfant roi
Qu'est-ce que l'enfant roi ? Selon Claude Alain, expert en la matière, cette génération est issue d'un tissu familial fragmenté où père et mère travaillent. De ce fait, le nombre d'enfants par famille s'en trouve diminué et la présence parentale est, elle aussi, moins grande. Pour combler ce déficit d'attention et de présence couplé à un sentiment de culpabilité ressenti par les parents, les enfants ont été gavé, père et mère répondant à leurs moindres désirs.
L'effet sur l'enfant : il devient réfractaire à tout type d'effort car il obtient tout ce qu'il désire, il n'accepte aucune relation d'autorité où il se trouve en position d'infériorité et il réclame tout comme si il y avait droit de droit.
"¨l'enfant roi dominateur¨; bénéficiaire du laxisme éducatif, il est celui que l'on décrit habituellement comme le résultat d'un enfant gâté et pourri tout au long de son développement, impulsif, opposé à toute autorité, et sans aucun sens de la discipline et de l'effort." Gilbert Rocher, psychologue.
Ces analyses valent ce qu'elles valent mais elles permettent tout de même de ben saisir le caractère de ma génération si prometteuse.
L'ASSÉ : pour la gratuité scolaire
Je reviens donc à l'ASSÉ. Dans ce petit pamphlet où Léo-Pol Lauzon règne en maître à penser, une étudiante du Cégep de Sherbrooke plaide pour la gratuité scolaire en quatre temps.
1. Tout frais relié à l'enseignement devrait être aboli et assumé par l'État.
2. Les fournitures scolaires devraient être payées par l'État.
3. L'État devrait établir le salariat étudiant afin qu'ils puissent payer les autre frais afférents tels le logement et la nourriture. Tout ceci sous prétexte qu'un travailleur a droit à un salaire pour son travail alors l'étudiant devrait lui aussi y avoir droit.
4. La gratuité scolaire aurait l'avantage de rendre les études post-secondaires accessibles à tous, sans discrimination basée sur les ressources financières. La même logique devrait s'appliquer aux étudiants étrangers afin qu'ils puissent profiter de notre merveilleux système d'éducation.
Tout le monde pareil, tout le monde égal. En fait, tous pauvre égal !
N'est-ce pas de beaux principes ! Mais est-ce que le Québec en a les moyens ? Et, quel serait l'impact de la gratuité sur la qualité de l'enseignement ? La question de fonds est : Est-ce que ce serait responsable socialement d'agir ainsi ?
l'ASSÉ répond que si les riches et les compagnies payaient leur juste part d'impôt, nous en aurions les moyens. Leur seule référence, l'étude de Léo-Paul sur la fiscalité des entreprises au Québec, étude qui a été contredite par certains experts beaucoup plus sérieux que lui dernièrement.
Le Québec a de moins en moins de contribuables, la concurrence internationale fait fuire les entreprises qui crachent au visage d'un Québec pas du tout compétitif pour ce qui est de la fiscalité des entreprises et voilà que nous devrions donner l'éducation en en demandant plus aux citoyens et aux compagnies ? Tant qu'à y être, aucune restriction sur le nombre d'échecs des étudiants et sur le temps qu'ils passent aux études ! Du B.S. déguisé quoi !
Je ne serai pas démagogique, je vais proposer une solution. Augmenter les frais de scolarité et ajuster les prêts et bourses en conséquence. Les universités se plaignent d'un sous-financement chronique et créent des déficits chaque année. C'est la qualité de l'enseignement qui en souffre au premier chef et bien sûr, l'accessibilité par la suite. Donc, ma solution offre un revenu direct et exempt des choix politiques aux universités, fait payer ceux qui en ont les moyens et conserve un accès déjà très démocratique aux études post-secondaires.
Être pragmatique, ça ressemble à ça. J'ai fait un petit calcul il y a quelque temps et j'arrivais à la conclusion que c'était payant pour le gouvernement d'agir ainsi. Quelque chose comme une centaine de millions de plus annuellement dans les poches de l'État.
Ne nous faisons pas d'illusion, la plupart des étudiants vivent grassement pendant leur études. Le cliché des stationnements d'université est frappant.
Le militant enfant roi
Ce que je retiens de ma lecture de cette brochure syndicaliste c'est que les enfants roi, rongés par leur lâcheté et leur incapacité à faire des efforts, ont réalisé que pour plaider leur cause et demeurer assis sur leur trône, ils devaient enrober le tout de belles vertus d'égalité et de solidarité empruntées au discours de la gauche syndicale incarnée par leurs parents.
Ils sont intelligents ces petits, le problème c'est qu'ils réfléchissent pour se maintenir dans leur torpeur plutôt que pour l'avancement de notre société.
L'éducation, ce n'est pas du gavage d'oies. Ce n'est pas le lieu où profs diffusent de l'information et de l'opinion de gauche et où étudiants gobent comme des imbéciles. C'est le lieu de la formation sous toutes ses facettes. Là où on développe son esprit critique et son jugement mais aussi le passage où on apprend la vie, l'effort, l'ardeur au travail. Pour ça, l'étudiant doir l'avoir à la dure, il doit gagner ses études et retirer le maximum de son enseignement parce que cet enseignement a une valeur.
L'effort, la compétition, les difficultés, ça fait partie de la vie d'adulte. Les étudiants réclament d'être traités en adulte alors qu'ils en assument les avantages comme les inconvénients.
Je suis la preuve vivante que c'est possible. J'ai un bac, une job, une maison et 24 ans dans le corps. J'ai travaillé pendant toutes mes études pour combler la quasi absence de prêts et bourses. Eh non, je ne suis pas mort mais je suis mature, j'ai du jugement, j'aime travailler avec ardeur et je sais considérer les autres dans mes actions.
Le militantisme des enfants roi c'est la dissimulation derrière de faux principes d'une lâcheté crasse qui aura raison de nos acquis sociaux.


2 Commentairess:
Concernant les frais de scolarité - c'est économie 101 - des frais bas subventionne la classe moyenne et plus riche qui traditionnellement fréquente l'université (hon que c'est pas gentil dire ça mais c'est la réalité). D'autre part, je n'ai rien contre une stratégie claire qui INVESTIE en éducation (ex. de l'Irlande, ils ont fait des choix par contre, hop des baisses d'impôt corporatifs massifs et des soins de santé qui coûtent plus chers mais l'éducation en grosse partie est gratuite - très intelligent pour le siècle dans lequel on vit et où ce n'est pas la patente que tu fais qui est important mais comment tu le fais et à quelle échelle - un concept pas évident pour les québécois). Alors ok pour avoir des frais de scolarité bas mais encore faut-il ÉDUQUER... Oh donc by the way pour le Québec - ça veut dire - plus de garderies à 7$, plus de congé parentaux, des frais additionnels et plus de privé en santé, pas de SAQ, changement du code du travail pour plus de flexibilité, pas de BS à vie mais un supplément de revenu garanti, etc.
À trop généraliser, on dit des choses qui ne se tiennent pas.
D'abord, si les études dont vous parlez ont été démenties, donner vos sources, c'est bien beau de nommer la revue de l'ASSÉ, si vous ne nommez pas les autres, vous ne valez pas grand-chose sous vos propos.
Ensuite, c'est bien beau de vouloir augmenter les frais contre un système de bourse appréciable, mais ici on est au Québec: le gouvernement tente de couper dans les bourses provinciales et les compagnies, à comparer aux États-Unis, ne donnent quasiment pas de bourses. Ensuite, les systèmes de bourses ce n'est pas super, car les gens qui n'ont pas les moyens de se payer des études et qui travaillent n'arrivent que difficilement à atteindre les résultats demandés par les protocoles d'aide au Bac. De plus, même si on peut y arriver, est-ce vraiment parce que vous avez réussi que tous ceux qui n'ont pas votre courage doivent traverser le même obstacle, croyez-vous qu'on n'apprend que par la fessé?
L'éducation gratuite, c'est un choix de société, et personnellement, je trouve beaucoup plus courageux de miser sur la liberté d'une société que sur celle d'un individu.
Ne trouvez-vous pas que c'est facile de tirer de la généralisation d'un fait de société pour abattre cette même société?
on pourrait dire de chaque génération un trait qui pourrait le discréditer dans toutes ses entreprises :
Babyboumeur : pollueur près de la retraite, ne pense qu'à son RÉER.
Génération X : population apolitique, elle ne fait pas ses choix pour la société, mais pour elle...
Rien de cela ne se tient, surtout lorsqu'on essaie de déceler la perniciosité d'un groupe auquel on fait partie afin d'essayer de s'en écarter. C'est plutôt ton geste qui est cynique.
Ton blogue est imbibé de ta prétention. Tu démarres ta page avec un chapeau qui crée déjà une distance entre toi et tes proches. Puis tu poursuis ton texte en t'écartant de ton époque. Je ne me trouve pas si près de la mienne non plus en fait, mais je trouverais odieux de me servire de cet argument pour l'écraser de reproche non pesés.
Drôlement, même l'autre, le seul qui t'ait répondu ne dit que des âneries.
Ça subventionne les classes riches, mais ça aide la classe pauvre.
Pas de SAQ : la SAQ est un revenu, pas une dépense
Le paragraphe sur la Patente: il y a un rapport avec l'éducation là?
Et encore là, il y a encore du dénigrement antiquébécois : (un concept pas évident pour les québécois.)
Amusant que vous aimiez généraliser, mais que vous ne généralisez pas le fais qu'au Québec, on aime bien chier sur les autres Québécois, parce que c'est exactement ce que vous faites! Bravo, vous êtes bien d'ici!
Pour en revenir, à l'éducation gratuite, la seule question est de savoir si nous sommes prêts à diminuer la liberté des individus pour augmenter celle de la société.
Bonsoir.
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