Un gouvernement au gré du vent
Décidément, le gouvernement libéral ne cessera jamais de me surprendre par son manque de subtilité. Ces temps-ci, ils éteignent feux par dessus feux avec une énergie qui ne manque pas de rappeler l'image d'un gouvernement qui a peur à sa peau !Béchard qui veut resserer les exigences de salubrité des piscines publiques sur la base d'un rapport qui s'est avéré scientifiquement irrecevable.
Fournier qui annonce un réinvestissement en éducation au lendemain d'une déclaration de Boisclair sur "SA priorité L'éducation".
Charest qui tire sur le Globe and Mail pour dénoncer l'article de madame Wong
Charest qui n'attend même pas qu'un viaduc soit tombé pour nommer Pierre-Marc Johnson à la tête de la Commission d'enquête. Une chance que la viaduc a terminé sa course à temps et a écrasé quelques voitures au passage !
C'est quoi cet empressement maladroit qui nous fait croire que le gouvernement tourne au gré du vent, qu'il tire dans toutes les directions.
J'aime bien comparer, dans des moments comme celui-ci, le gouvernement à une entreprise privée. Que diraient les actionnaires d'une entreprise si le gestionnaire décidait d'investir aujourd'hui dans l'éthanol parce qu'il a lu un article sur l'avenir de cette nouvelle source d'énergie verte et que demain, il investit dans les technos parce que leur rendement de la veille a été très bon en bourse et le surlendemain, il se lance dans les pharmaceutiques pour une autre très bonne raison ? Les actionnaires lui crisserait leur pied au cul après lui avoir demandé, "cher monsieur, quelle est la ligne directrice qui nous permettrait de comprendre ces revirements drastiques ?"
Le gouvernement de Jean Charest a perdu son gouvernail et nous avons aujourd'hui la manifestation la plus évidente que ce gouvernement gouverne à vue depuis 2003.
Aujourd'hui, la priorité du gouvernement pour l'automne sera la crise forestière et le développement régional. Pourquoi ? Parce que les assises annuelles de la Fédération québécoise des municipalités ont eu lieu il y a deux fins de semaines et que la ministre Normadeau a été coincé dans le coin par les maires qui, il ne faut pas le sous-estimer, ont une influence certaine sur les intentions de vote provinciales.
Bernard Généreux a rappelé qu'une entente avait été prise avec les municipalités pour la décentralisation des ressources et des pouvoirs et que rien n'était fait depuis 2004.
La crise forestière sera aussi la priorité après deux ans de sommeil profond. Le rapport Coulombe en 2004 annonçait les problèmes à venir dans l'industrie et les chiffres étaient là pour démontrer que la crise s'en venait à fond de train mais le gouvernement n'a réagi qu'un an plus tard avec une mesure visant la modernisation des scieries alors qu'elles n'avaient même pas les moyens de survivre et de conserver leurs acquis. Bravo monsieur Corbeil. Madame Normandeau vous a bien défendu par contre, ce n'était pas de votre faute le gouvernement ne pouvait pas prévoir une crise d'une telle ampleur.
Quel gouvernement de pacotille. Ils vont annoncer de nouvelles mesures pour venir en aide à l'industrie. Autrement dit, ils ont cassé le pot et là, ils essaient de le recoller.
Dans cette grande valse hésitation où les décisions ponctuelles auront prouvé aux Québécois que ce gouvernement n'avait aucune idée d'où ils s'en allait après son élection, ceux qui en souffriront le plus se fermeront la gueule comme toujours. Ceux qui paient des impôts et qui regardent le gouvernement dillapider leur "cash" sans même envisager une seconde qu'ils ont l'avenir du Québec entre les mains.
La démonstration semble évidente, au cours des quatre dernières années le Québec aura tourné en rond.


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