tag:blogger.com,1999:blog-347510232009-02-21T03:34:38.874-05:00Le Québec réviséCe blog politique se veut un endroit de réflexion sur les mythes et les lieux communs qui meublent l'histoire du Québec et notre mémoire collective. Sans vouloir détruire les bases même de nos croyances, je considère qu'il est temps de relativiser les préjugés souvent tordus que les Québécois entretiennent.
Je publierai ici certaines réflexions qui pourront, je l'espère, ébranler les colonnes du temple du modèle québécois.Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.comBlogger30125tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1170898506015538992007-02-07T20:13:00.000-05:002007-02-07T20:35:06.043-05:00Loubier : le pied dans la bouche<a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/1600/96365/loubier.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/400/396473/loubier.jpg" border="0" /></a> Première déclaration de notre fausse vedette, Yvan Loubier, et bang, il est déjà un péquiste fini avec le discours qui va avec.<br /><br />À RDI, les propos de monsieur Loubier ont été rapportés. Ça allait comme suit:<br /><br />«En 95, le comté des Chutes-de-la-Chaudière a donné un fort appui à la souveraineté et a été péquiste jusqu'en 2003. C'est pas normal que les citoyens aient élu un adéquiste en 2003 !» (Je paraphrase)<br /><br />C'est pas texto mais je vous garanti que je rapporte bien ses propos. Il dit que le choix des citoyens n'est pas normal, que l'expression démocratique n'est pas normal. Plus insultant qu'un péquiste c'est dur à trouver.<br /><br />Vous savez, on remarque une constante au PQ. Ils se disent les champions de la démocratie mais quand la démocratie va en sens contraire de leurs intérêts, c'est une erreur. La démocratie s'est trompée. Il n'y a qu'au PQ que la démocratie peut se tromper.<br /><br />Je n'ai jamais entendu des propos aussi insultant à l'endroit des citoyens. Les propos de Loubier me font croire que la démocratie que le PQ recherche, c'est la démocratie Stalinienne. Celle où 100 % des électeurs choisiront toujours Staline. Accompagné du manuel <em>Parlons souveraineté à l'école</em>, ça nous fait une belle jambe !<br /><br />Franchement, les citoyens en ont plein le cul de se faire dire quoi faire et quoi penser, voilà la raison pour laquelle ils ont décidé, dans la région de Québec, de mettre à la porte tout ce qui restait de péquiste tant au pronvincial qu'au fédéral.<br /><br />Ce n'est pas certainement pas Boisclair qui va changer ça. Je vous demande, dans les prochaines semaines, d'écouter André Boisclair, demeurez attentif même si il n'y a pas meilleur somnifère. Ce qui frappe le plus, c'est la façon dont il s'exprime et je cite : «Ce que les Québécois veulent ... Ce que les Québécois recherchent ... Ce que demandent les Québécois ...»<br /><br />C'est une constante, c'est frappant et ça alimente mon mépris à son égard. Vous, Québécois, avez-vous vraiment besoin de Boisclair pour savoir ce que vous voulez ? Êtes-vous assez mature et avez-vous assez de jugement pour faire vos propres choix ? Je crois que oui.<br /><br />Mais le PQ sait sûrement mieux que vous ce qui est bon pour vous. C'est justement pour ça qu'ils peuvent vous dire que vous n'agissez pas NORMALEMENT quand vous faites un choix démocratique contraire à leurs intérêts.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-117089850601553899?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com11tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1170630869346751302007-02-04T17:36:00.000-05:002007-02-04T18:14:29.373-05:00Loubier : le plan B de Boisclair<a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/1600/640381/loubier.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/400/184441/loubier.jpg" border="0" /></a>Après avoir vu des pilliers et des jeunes loups quitter le parti pour des raisons "familiales" pour la plupart (Léger, Marois, Charbonneau, Tremblay, Valois ...). Après avoir essuyé des refus de vedettes péquistes comme Joseph Facal et Louise Beaudoin, Boisclair est obligé de se tourner vers son plan B, B pour transfuges Bloquistes.<br /><br />Vous savez on contrôle souvent le discours avec des épithètes, si on met le mot important avec investissement, les gens croieront que c'est un gros investissement. Donc, si on qualifie quelqu'un de vedette, les citoyens n'ont pas toujours le réflexe de se demander si cette personne de qui l'on dit qu'elle est une vedette, si il la connaisse. Si c'est une vedette, on devrait la connaître.<br /><br />C'est ce que le PQ essaie de faire pour corriger l'erreur monumentale d'avoir annoncer une équipe de rêve. De cette équipe de rêve, il y aura Yvan Loubier. Qui est Yvan Loubier ? Un tranfuge de la succursale d'Ottawa qui est membre fondateur de la pire bestiole politique que le Québec doit endurer, le Bloc. Un pensionné d'Ottawa qui a affirmé vouloir quitter la politique mais qui s'est sûrement fait promettre la lune pour sauver la peau de Dédé. Vous savez, un bloquiste peut augmenter sa notoriété et faire croire à sa compétence sans jamais avoir à faire ses preuves. La critique est facile dans la vie, le problème se pose quand il faut agir et Loubier n'a jamais agi. Alors pour lui coller l'épithète de vedette, on repassera.<br /><br />Quand même, c'est l'évidence la plus limpide que le coulage que le PQ a fait pour Loubier est une stratégie pour sauver la face après avoir vu les appuis et les candidats potentiels se sauver à la course.<br /><br />Alors, Loubier se fait parachuter sur la Rive-sud de Québec, dans un comté occupé par un adéquiste. Un comté qui a foutu dehors tout ce qui restait de bloquiste depuis trois ans. En 2003, un ex bloquiste, Antoine Dubé, était candidat du PQ et a terminé troisième aux élections générales. En 2006, le bloquiste Odina Desrochers en a mangé une sincère en perdant devant le candidat conservateur par près de 15 000 voix. Pas sûr que Loubier va la trouver très drôle quand il va réaliser que tout indique que les appuis du PQ ont fondu comme neige au soleil depuis la retraite de Denise Carrier-Perreault et l'arrivée de l'ADQ. Et je ne suis pas sûr que les citoyens vont la trouver très drôle quand ils vont remarquer que Loubier c'est un plan B qu'on a envoyé chez eux plus pour sauver la face que pour représenter leurs intérêts.<br /><br />Il reste André Joli-Coeur, un autre à qui on va essayé d'accoller l'épithète de vedette mais qui, en fait, est une vedette à peu près juste au PQ. C'est ça le problème des péquiste et j'ai lu ça quelque part cette semaine, il ne se parle qu'entre eux, ils vivent dans espèce de monde parallèle.<br /><br />C'est vraiment le jour de la marmotte. En 2003, c'est PLQ qui pigeait dans les idées de l'ADQ, là, c'est le PQ qui se lance dans la subtilisation des idées adéquistes. Sur les accommodements raisonnables, Boisclair a sauté dans l'arène en reprenant les arguments de Dumont et en même temps, en critiquant le chef de l'ADQ et en lui accollant l'épithète de la démagogie, (Ah les épithètes). Manque de cohérence faut croire.<br /><br />Ensuite, le PQ se fait le parti des régions ! Venant du PQ on peut en douter. Ce champion des fusions est le parti qui a été le plus centralisateur que les municipalités n'ont jamais connu. Je ne vois pas comment ça pourrait changer aujourd'hui, mais Dédé a vu que les idées de l'ADQ était sexy alors il les a prises. Comme quoi le PQ est d'une honnêteté intellectuelle impressionante envers les Québécois. En fait, le PQ se lance dans le même cirque des promesses que le PLQ en 2003, "on va promettre tout ce qui fait plaisir pour assurer notre élection" Mais rien de celà n'est vraiment sérieux et rien de celà ne se réaliserait si le PQ était élu demain matin.<br /><br />Tenez-vous le pour dit.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-117063086934675130?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1170375538564301482007-02-01T19:03:00.000-05:002007-02-01T19:20:12.900-05:00Boisclair sort son programme électoral !<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/boic.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/boic.jpg" border="0" /></a><br /><span style="font-size:180%;">N'a t-il pas une bette de champion !<br /><br />Regardez par vous même.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;"></span><br /><span style="font-size:130%;"></span><br /><span style="font-size:130%;">Ça c'est un leader mes amis, on lui demande un programe et vlan, il est là. </span><br /><span style="font-size:130%;">Clair, net, précis.</span><br /><br /><strong>Environnement</strong>:<br /><br /><em>Un éventuel gouvernement péquiste sera plus exigeant pour les entreprises envers le respect des normes environnementales. </em>Cyberpresse<br /><br />C'est tu pas assez clair ça !<br /><br /><strong>Accomodements raisonnables</strong>:<br /><br /><em>Un éventuel gouvernement péquiste réunirait aussitôt les sous-ministres et les dirigeants des sociétés d'État pour répertorier les pratiques en cours, établir des lignes directrices et édicter une procédure d'évaluation dans chaque cas litigieux d'accommodement raisonnable. </em><br /><em></em><br />Hey, ça c'est une solution pour rassurer les Québécois ! Comme ça, tous les Québécois pourront dire qu'il comprennent nos valeurs non-négociables et auront une ligne directrice à suivre dans les cas où il y a des demandes litigieuses pour des accommodoments raisonnables. De toute façon, ça ne concerne pas le petit peuple ça le débat sur les accommodements. Alors on va juste réunir les sous-ministres. Les péquistes, de toute façon, savent penser et décider à la place des Québécois.<br /><br />On a tout ce qui nous faut pour être convaincu que Boisclair est un vrai leader. La clarté et des vrais solutions. En plus, il est vraiment au diapason de la population, on le sent dans sa façon de s'adresser aux citoyens.<br /><br />Vous sentez l'ironie j'espère.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-117037553856430148?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1170374457645976282007-02-01T18:57:00.000-05:002007-02-01T19:00:57.646-05:00On va radoter, on va radoter<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/boulet.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/boulet.jpg" border="0" /></a> La ministre Boulet recontre ce soir les élus municipaux de la Mauricie pour parler accomodements raisonnables. On ne pourra pas dire que le gouvernement a beaucoup radoté dans ce dossier eux qui se sont cachés depuis le début pour éviter le sujet. Ça c'est de l'opportunisme politique, se cacher pour éviter de perdre le vote des immigrants !<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-117037445764597628?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1170373991900216882007-02-01T18:17:00.000-05:002007-02-01T18:53:11.933-05:00La CSN sera-t-elle responsable d'une perte de 300 millions pour le Québec ?Il est 18h30 le 1er février 2007, à à peine deux heures d'un vote crucial sur l'avenir du projet du Massif de la Petite-Rivière-Saint-François. Les syndiqués doivent voter sur la proposition de convention collective finale. Si les syndiqués refusent, nous pouvons dire adieu à un projet de 240 millions pour le Massif et mettre en péril la survie de la station de ski.<br /><br />Je dois dire que je ne suis pas vraiment au courant des modalités de la proposition patronale à part que l'employeur veut plus de flexibilité et veut obtenir la possibilité de faire de la compétence un critère aussi sinon plus important dans l'octroi des postes. Ceci, au lieu de l'ancienneté.<br /><br />Mais là n'est pas le propos. Si les syndiqués refusent, nous pourrons dire que nous sommes témoin d'une semaine sombre dans l'histoire de la grande région de Québec. En début de semaine, les syndiqués d'Olymel refusaient les offres patronales et provoquaient, par le fait même, la fermeture de l'usine de Vallée-Jonction.<br /><br />Sans vouloir juger de la pertinence de leur décision, il n'en demeure pas moins que plusieurs petits salariés dont les conditions de travail sont bien pires que celles d'Olymel ont dû être passablement consternés de constater que ces employés ont refusé des baisses salariales portant leur rénumération à 22 $ l'heure. Pour avoir empilé de la planche dans une scierie avec comme seul abris un "top" de tôle en pleine hiver comme en pleine été, je dois bien avouer que je ne plains pas ces travailleurs qui gagneraient aujourd'hui plus que la plupart des travailleurs d'usine au Québec.<br /><br />Mais, qu'ont-ils en commun ces syndiqués ? La CSN !<br /><br />Donc, si les employés du Massif votent contre, la CSN aura été responsanble d'une perte de près de 300 millions pour le Québec en une seule semaine ! Les retombées annuelles d'Olymel pour Vallée-Jonction et les environs ont été évaluées à 50 millions. Ajoutons à celà les 240 millions du Massif, ça fait 290. Et je ne compte pas les retombées que le projet de Daniel Gauthier pourraient laisser dans Charlevoix.<br /><br />Décidément, les syndicats auront beaucoup de difficulté à me faire croire qu'ils sont un moteur de développement. En fait, je commence à croire qu'ils sont la manifestation concrète de la hantise des Québécois envers la richesse et les projets d'envergure.<br /><br />Le seul départ d'Olymel aura des impacts catastrophiques si on prend en considération l'impact sur les producteurs de porc et le fait que nous allons perdre l'étape la plus lucrative dans l'exploitation de cette ressource c'est-à-dire, la transformation. Eh oui, nous allons envoyer notre porc ailleurs pour créer la richesse ailleurs et ils vont nous revendre le produit fini. Nous faisons des gains incroyables, merci travailleurs d'Olymel.<br /><br />Quand on se penche sur la problématique plus globalement, force nous est de constater que les gestes des syndicats sont dévastateurs. Ne vous ai-je pas déjà dit que les syndicats existaient dans la société québécoise d'aujourd'hui que pour maintenir leur position de force et non pour le meilleur développement du Québec ?<br /><br />Si j'ai raison, nous en aurons la preuve vers 20h00 ce soir.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-117037399190021688?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1170207097395561632007-01-30T20:02:00.000-05:002007-01-30T20:31:37.430-05:00PIRE QUE PIRE !Sérieusement, qui aurait pu dire que le PQ pouvait avoir une pire belle-mère que Jacques Parizeau. Comment on peut imaginer qu'une catastrophe sans précédent puisse être surpassée et ce, sans difficulté, par un autre cataclysme encore plus violent.<br /><br />Eh bien, c'est ce qu'a réussi Bernard Landry. Nous aurions pu nous en douter même que certains l'ont déjà envisagé mais n'empêche, il faut le faire pour battre les frasques de Parizeau.<br /><br />Prévisible, oui. Autant que les fluctuations de l'économie analysées par un économiste. Ils se trompent à priori mais nous expliquent pourquoi c'était prévisible à postériori. Landry s'est fait tasser pas un jeune arrogant sans envergure en comparaison au vieux sage qu'il croit être. Un "Homme d'État", comme il l'a répété toute la journée.<br /><br />En plus il a quitté sur les conseils de Sylvain Simard, le <em>king</em> dans la lapidation des chefs péquistes. Il s'en mord certainement les doigts monsieur Simard, il doit certainement aiguiser ses couteaux pour sa prochaine victime, je vous laisse deviner qui.<br /><br />Mais chez Landry, on voit plus que de l'amertume, on sent de la vengeance et un désir profond de remettre à sa place ce petit arrogant qui décide de tout dans sa tour d'ivoire. Celui qui croyait avoir le champ libre pour la chaise de Premier ministre, Landry est en train de lui asperger de l'essence sur le corps et il ne restera qu'à allumer. Et je connais un parti politique qui a une allumette prête à s'enflammer.<br /><br />Landry a passé sa journée à rappeler aux Québécois les conneries de Boisclair, je n'y reviendrai pas, vous les connaissez. À CHOI à Québec, à TVA en fin de journée, à RDI et Radio-Can, il a martelé le fait que "son" chef a fait des erreurs, que tous les chefs ont droit à l'erreur et que personne n'est parfait. Ajoutons à celà la lettre ouverte de VLB et toutes les vieilles chaussettes péquistes étaient présents, manquait juste Parizeau mais Lizette l'a enfermé dans la cave à vin jusqu'au jour du grand soir.<br /><br />Toutefois, l'erreur et les erreurs, c'est bien différent et Landry le sait. Ce qui est le plus inquiétant dans le cas de Boisclair c'est que chaque erreur en attire une autre et il est vraiment incapable de rompre la chaîne de malheur, ça laisse un doute raisonnable sur la capacité de cette homme à devenir Premier ministre et à gérer l'État et le futur pays probable et hypothétique. Celà, les péquistes le savent et les Québécois le savent.<br /><br />D'autant plus qu'il se cache ce chef. Je dois dire que c'est sûrement sa meilleure décision depuis longtemps parce que son intervention à TVA hier n'a fait qu'alimenter son manque de crédibilité. Selon lui, il n'a jamais voulu décrocher le crucifix du Salon bleu. Ce sont sûrement les Québécois qui entendent mal, bienvenue dans le club des malcités.<br /><br />Dans le fond, quand Boisclair parle, si il émet une idée c'est une bêtise et le reste du temps il ne dit rien.<br /><br />Pour en finir avec Landry, je tiens à le citer presque mot pour mot, "je suis un militant exemplaire et j'ai toujours supporter mon chef". "Supporter", ça veut dire quoi ?<br /><br />Fermez vos yeux et imaginez Chantale Renaud en train de crinquer Bernard en lui montrant des extraits de Boisclair qui nous passe sa cassette, c'est plutôt drôle non ?<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-117020709739556163?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1169932346578925332007-01-27T15:27:00.000-05:002007-01-27T16:12:26.613-05:00La Chute<a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/1600/646045/d%3F%3Fd%3F%3F.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/400/766874/d%3F%3Fd%3F%3F.jpg" border="0" /></a>Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours (ou de la biche) avant de l'avoir tué. C'est un proverbe qui prend tout son sens en politique où les chefs sont souvent comme des chats, ils ont neuf vies. C'est toujours le timing qui crée la mort d'un politicien, une chute est souvent sans importance si elle ne correspond pas avec un moment cruciale de l'actualité politique.<br /><br />Mais j'aimerais tout de même vous amener sur le terrain de la prophétie pour un instant.<br /><br /><strong>Parlons Boisclair</strong>.<br /><br />À peine lancé dans la course à la chefferie, le dandy péquiste commençait déjà à creuser son trou aidé de journalistes assoifés de nouvelles. <strong>Épisode 1, la Coke et l'arrogance envers la classe journalistique.</strong><br /><br />Ensuite, il se lance dans les annonces maladroites, 1. L'équipe de rêve, 2. Monsieur Charest j'arrive. Comme disait l'autre, yinque à voir on voit ben que ce gars là se prend pour un autre. Et, ça le tue, à petit feu. <strong>Épisode 2 : L'erreur de mettre la barre trop haute.</strong><br /><br />Son équipe de rêve lui glisse entre les mains, Louise Beaudion est la dernière en liste à avoir quitter le navire. Elle a suivi d'autres grosses pointures. Je ne sais pas si l'équipe de rêve va se limiter à Curzi et Lizette, si oui, je me demande bien à quel avenir le dandy péquiste rêve pour le Québec. C'est une erreur de pee-wee que de placer soi-même la barre trop haute.<br /><br />Le "monsieur Charest j'arrive" est encore plus rigolo. Louise Harel performait mieux que Boisclair comme chef de l'opposition. Elle n'était pas flamboyante mais elle avait le mérite de sauver les meubles. Boisclair a passé toute la session à recevoir des coups et à alimenter la grogne au sein du caucus péquiste. Que devaient penser les députés d'expérience quand Boisclair, Malavoy et Gendron monopolisaient la période des questions et ne scoraient jamais. La grogne ça se construit pierre par pierre et la politique est souvent sans merci !<br /><br />Maintenant, <strong>l'épisode 3 : Boisclair essaie l'humour</strong>. Brockeback Boisclair coincide très bien avec le début du spin libéral sur le manque de jugement et de maturité du chef péquiste. Je peux vous dire que ça fonctionne. Question: Est-ce que quelqu'un, dernièrement, vous a affirmé avec empressement et fierté qu'il allait voter pour Boisclair ? C'est devenu aussi honteux que d'avoir une MTS.<br /><br /><strong>Épisode 4: Boisclair coupe les derniers ponts entre lui et son parti</strong>. La sortie contre les syndicats de Dédé aura achevé le travail. Je tiens à préciser que ce n'est pas l'adversaire qui l'a poussé à l'échec, il l'a fait tout seul comme un grand. La base de l'organisation péquiste est syndicale, les organisateurs chevronnés sont des organisateurs syndicaux. Ce sont les meilleurs pour mobiliser. On peut donc conclure que Boisclair est en train de détruire son organisation sur le terrain en s'attaquant au copinage entre son parti et les centrales. Beau travail.<br /><br />Si c'est une stratégie, elle est vraiment trop brillante pour que je la comprenne.<br /><br />Je me suis lancé dans une réflexion sur les raisons pourquoi Boisclair a fait une sortie comme celle sur les syndicats. À mon avis, il veut se coller sur le mouvement vers la droite qui se construit au Québec et il y voit un potentiel de sympathie important. Jean Crête abondait un peu dans le même sens hier à Radio-Can.<br /><br />Le problème dans tout ça c'est que le PQ a une image dans la tête des Québécois. Et, cette image est cristallisée depuis des décennies. Pour changer ce consensus sociale comme quoi le PQ est à gauche et prosyndical, ça va prendre des années, voir des dizaines d'années et ça va aussi prendre un leadership à la Lévesque pour convaincre les Québécois comme les péquistes de suivre. Je vous comparerais ça au beau risque de Lévesque. Ça lui a pris tout son petit change et des jeux de coulisses énormes pour s'assurer l'appui de son parti.<br /><br />Donc, Boisclair n'a pas le leadership nécessaire pour que le parti et les Québécois le suivent sur sa route. Poor lonesome cowboy !<br /><br /><strong>Épisode 5 : La Chute</strong><br /><br />Après avoir fait un survol de toutes ces gaffes et j'en ai passé. Par exemple, une rumeur court selon laquelle chaque maire ou candidat potentiel rencontré par Boisclair sortent de leur recontre en furie face à l'attitude mesquine et autaine de Dédé. ya de quoi améliorer le portrait !<br /><br />Donc, après avoir fait le tour, le plus drôle s'en vient. Boisclair a trébuché sur ses lacets de bottines par sa propre faute durant toute la dernière année. Ses adversaires n'ont encore rien fait. Je vous demande de vous fermer les yeux et d'imaginer le jour où le PLQ va commencer à sortir les squellettes du placard de Dédé, ce sera la fin. Il est déjà au tapis.<br /><br />Décidément, Pierre-Marc Johnson n'aura pas été le pire chef péquiste en terme de longévité et de crédibilité. Merci André de sauver la face de Pierre-Marc, tu seras un martyre apprécié dans l'Église péquiste.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116993234657892533?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1169691116632710642007-01-24T20:56:00.000-05:002007-01-24T21:11:56.693-05:00Quel mauvais ministre<a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/1600/330221/despres_michel2.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/400/294000/despres_michel2.jpg" border="0" /></a><br />Michel Després annonce des investissements de 7,9 milliards dans le réseau routier. Il devrait se réjouir, vanter l'initiative. Il n'en est rien, il est sur la défensive et essaie de justifier l'annonce depuis le début de la journée. Ça ne donne vraiment pas l'impression que l'annonce est improvisée et électoraliste ! Després est vraiment un mauvais ministre, un des pires du gouvernement. Il me fait penser à un Boisclair imbu de lui-même couplé avec le côté Gaston la gaffe de Michel Audet. Beau mélange!<br /><br />La politique des bouts de route est devenue une farce pour se moquer des gouvernements qui annoncent à la veille des élections. Résolument, le gouvernement Charest est le gouvernement le plus rocambolesque que nous n'aurons jamais connu. Ils sont d'une subtilité déconcertante.<br /><br />Depuis l'été, le PLQ en est à presque 20 milliards d'annonces préélectorales. Faut croire que la fenêtre électorale a besoin de Gi-ga-loo sur les pantures, elle est dure à ouvrir! Si ça continue, Charest n'endettera pas seulement la prochaine génération mais toutes les générations à venir.<br /><br />Les 3-4 millions dans le Fonds déGénérations seront d'une utilité essentielle pour nous sortir de ce marasme. Un 3-4 millions pour combler des déficits de dizaines de milliards, il suffisait d'y penser.<br /><br />On prend vraiment les Québécois pour des cons !<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116969111663271064?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1169262001733848042007-01-19T21:11:00.000-05:002007-01-19T22:00:01.766-05:00Accomodements ?<a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/1600/256039/l??ger.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6350/3848/400/787629/l%3F%3Fger.jpg" border="0" /></a> Tout le monde en a entendu parlé, tout le monde les a commenté, décortiqué, brouillé, bousillé. Même votre humble serviteur commençait à en avoir ras le bol de ce débat. Les accomodements raisonnables ont donné une belle occasion à Jean-Marc Léger de jouer les intellos de service encore cette semaine avec son sondage bébête.<br /><br />L'enjeu était important, même primordial, face à la confusion complète qui a été entretenu au cours des derniers mois. Mais il faut tout de même avouer que Jean-Marc Léger, quand vient le temps de commenter une de ses toiles peinte au rouleau, il a plus l'air d'un vendeur de balayeuses que d'un homme muni d'un jugement implacable. Sans offense pour les vendeurs de balayeuses.<br /><br />Et nos bon éditorialistes de La Presse et du Devoir qui se sont faits un plaisir d'étaler leur supposé intelligence en sermonant le bon peuple, en lui reprochant de ne rien comprendre à ce concept juridique qui existe depuis la mi des années 80. Ça démontre une chose, c'est que le débat devait avoir lieu pour mettre un peu de lumière pour ce qui n'était pas du tout évident pour les Québécois, même pour ces bien pensants les éditos.<br /><br />Les accomodements raisonnables, avant cette semaine, c'était aussi complexe pour les Québécois que le débat constitutionnel pouvait l'être pendant Meech. Mais il faur arrêter de prendre les gens pour des cons, si on leur explique, ils comprendront. C'est pourquoi la dernière semaine passera à l'histoire pour avoir été la semaine qui a permis au Québec d'éclaircir le concept des accomodements raisonnables. Bien sûr, les éditos auraient bien aimer avoir l'air brillant pendant encore un bout en se targuant d'être les seuls à comprendre mais bon, ils devront se résigner et mettre fin à ce petit power trip passagé.<br /><br />Sur l'arène politique, il n'y a pas eu de combat. Juste des cailloux lancés de loin à un chef de parti qui a osé dire tout haut que le débat devait se faire et qu'il fallait trouver une solution concrète. C'est drôle comme on reproche un jour à Mario Dumont de n'apporter aucune solution et le jour suivant, quand il propose un geste concret à poser, ses adversaires s'unissent pour clamer que le problème n'en ai pas un et qu'il ne mérite aucune solution. Ah, c'est ça la politique spectacle, celle qui se fait au dépends des idées et au profit des votes.<br /><br />En fait, Jean Charest a accusé Mario Dumont de démagogue et de faire du capital politique sur le dos des accomodements raisonnables. André Boisclair lui a sensiblement reproché les mêmes tares. (C'est surprenant à quel point Boisclair est incapable d'avoir une idée originale. Quand il ne reprend pas les mots de Dumont, c'est ceux de Charest.) Bon, il faut donc conclure que Charest et Boisclair trouvent que d'amener un débat qui touche et qui préoccupe les gens sur la place publique, d'en parler franchement et honnêtement, en prenant les citoyens pour des personnes capables, face à une exposition claire des points de vue, de raisonner et de prendre une position réfléchie, c'est faire dans la démagogie et chercher à faire des gains politiques ? Voilà une vision réconfortante de la vision de ces deux chefs sur la démocratie et la capacité des Québécois à réfléchir par eux-mêmes. D'un péquiste je ne m'en surprend pas, ils ont la vérité en main, le Saint-Graal de la vertu. Mais venant d'un ex-conservateur, ayant déjà voulu être chef de l'Union nationale mais devenu libéral, c'est plus surprenant. Quoiqu'on puisse en douter.<br /><br />En fait, le PQ et le PLQ sont tellement enquilosés par le pouvoir qu'ils adoptent toujours l'attitude suivante. À l'approche des élections on gâte les Québécois et on leur fait croire qu'ils sont riches et au cours des trois autres années, on cache nos pièces dans le grenier. Comme quoi "Un homme et son pécher" aurait eu une influence sur la politique québécoise ! Pour les idées, on en parle juste en campagne électorale mais, quand ça devient trop chaud, on s'attaque à la personne pour éviter le débat. Remarquez le, de toute façon, vous l'avez déjà remarqué.<br /><br />Je m'inquiète de cette absence de vrais débats politiques sur la place publique. Pas ceux scénarisés par les éditos en mal d'action. Mais bien de vrais débats faits par des politiciens et qui durent plus que le temps d'une affirmation et d'une réplique. Un vrai débat de société qui prend les Québécois par les trippes. Mario Dumont a essayé mais l'aversaire est resté hors du ring de peur de se faire huer par la foule. Il n'a pas osé le dire mais les Charest et Boisclair ont été lâches, ils ont attendu cachés dans leur coin pour être sûr de ne pas avoir à s'aventurer sur ce terrain glissant. Mais, quand Charest a réalisé que Dumont faisait des gains en parlant aux citoyens de ce qui les intéressaient, il a attaqué. Il n'a pas tiré sur les idées, il n'a pas élaboré sur le sujet, non, il a tiré sur le messager, comme lui seul en est capable. Quelle belle preuve que le PLQ ne pense qu'à éviter toute contreverse pour ouvrir la fenêtre électorale.<br /><br />J'espère que les citoyens vont réaliser que le PLQ et le PQ les prenne vraiment pour des caves. Justement "vous êtes pas tanné de mourir bande de caves". Le débat politique se meurt par la peur de la contreverse et il est temps que ça change.<br /><br />Mario Dumont mérite d'être appaludi comme étant le seul politicien à s'adresser franchement aux Québécois. L'honnêteté et l'intégrité sont choses rares et si la prochaine campagne se faisait là-dessus, Dumont serait le seul sur la ligne de départ.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116926200173384804?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1164677407442146732006-11-27T19:48:00.000-05:002006-11-27T20:30:07.996-05:00Le Roi est mort, vive le Roi !<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/landry.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/landry.jpg" border="0" /></a> Aussitôt descendu du trône, Bernard Landry n'hésita pas à vouloir demeurer roi. À tel point que Dédé Boisclair passe aujourd'hui pour son bouffon. Ses 24 heures de réflexion lui auront permis de consulter le roi Bernard pour savoir qu'est-ce qu'il devait répondre à la motion du dictateur Harper sur la nation québécoise.<br /><br />Le gruau à peine sorti de la bouche du guignole, la situation a rapidement pris une tournure que Ionesco n'aurait même pas pu imaginer. Le roi Bernard, en stratège habile, a réussi à convaincre Gilles, le bouffon de la Cour canadienne, d'appuyer la motion. Relèguant le sérieux et la cohérence aux oubliettes, les deux polichinelles acquiescèrent sans broncher, obéissant au monseigneur péquiste.<br /><br />Maintenant contenté, le roi Bernard s'adressa à la Cour rassemblée. Les TVA, CANOË, CANAL ARGENT, LCN, JDM, JDQ et petits hebdos sont venus du village pour écouter le discours du pédagogue en mal de pouvoir.<br /><br />Bernard se leva et s'adressa ainsi à la meute assoifée :<br /><br />"<em>Je suis fier d'avoir relancé le débat sur la nation et d'avoir forcer le dictateur Harper, par ma grande force de persuasion, à reconnaître le Québec, les Québécoises et les Québécois comme formant une nation. J'ai ordonné à mes ouailles d'accepter la motion Harper même si "Canada Uni" va à l'encontre de nos revendications historiques. </em><br /><em></em><br /><em>Pourquoi, me direz-vous, vous qui buvez mes paroles ?! Parce qu'il faut bien réaliser une chose, c'est moi le roi, c'est moi qui a poussé le dictateur à se soumettre à Mon commandement.</em> "<br /><br />En effet, si les bouffons avaient dénoncé la motion du dictateur, le lettre ouverte du roi Bernard serait restée lettre morte et son influence tout autant amoindrie. Mais comme un bon vétéran de l'empire péquiste sait si bien le faire, il changea les déterminants de l'histoire pour s'assurer d'avoir raison. Comme quoi, on ne montre pas à un vieux singe à faire la grimace.<br /><br />Loin de nous l'idée de croire que l'influence d'un Ignatieff a été encore plus déterminante dans le choix stratégique des conservateurs. Loin de nous l'idée de croire que la division des libéraux sur la question du Québec y est pour quelque chose.<br /><br />Non, ce que l'histoire se rappelera c'est que le camarade Landry a forcé le dictateur Harper à se soumettre et à rendre les armes face à la nation québécoise. Québécoises, québécois, unissons-nous autour de notre sauveur, le camarade Landry.<br /><br />Comme quoi le riducule ne tue pas.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116467740744214673?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1164577364651929222006-11-26T15:52:00.000-05:002006-11-27T08:41:46.213-05:00Les bonnets rouges à bas de NoëlPendant que Québec Solidaire se complaisaient dans leurs illusions et adoptaient un programme pour nationaliser la bonne conscience, votre humble serviteur passait la Guignolée.<br /><br />Ai-je bien vu ? Ai-je bien entendu ?<br /><br />Un perverti de la droite qui passe la guignolée, c'était sûrement pour des fins capitalistes et dans le but d'enlever aux pauvres pour redonner aux riches !<br /><br />Eh non, je l'ai fait sans mauvaise pensée, avec le sourire en entonnant la petite criss de chanson insupportable.<br /><br />Mais, j'y ai découvert un laboratoire propice à l'exploration de l'attitude des Québécois face à la charité et la situation des plus démunis.<br /><br /><strong>La Charité des Québécois</strong><br /><br />Un quotidien de la semaine dernière nous rappelait que le Québec est l'endroit au Canada où les citoyens sont les moins généreux pour les oeuvres de charité.<br /><br />Ce Québec plus solidaire, plus généreux, plus compatissant serait moins généreux que les rednecks Albertains ? Eh oui, les Canadiens hors Québec ont l'âme plus charitable que nous.<br /><br />Il y a plusieurs explications à celà.<br /><br />Un, l'État nounou qui élimine du "coffre d'outil" du Québécois la responsabilité sociale et la bienveillance.<br /><br />Deux, le reste des Canadiens sont en moyenne plus riches que nous. Oui, mais ici c'est plus égal, vous me direz ! Oui, nous répartissons plus également la pauvreté.<br /><br />Enfin, comme les Américains, les Canadiens sont plus portés à créer des groupes afin de prendre certaines reponsabilités sociales que l'État n'assume pas. Donc, la charité vient de la base, elle n'est pas dictée comme un dogme venant du patriarche étatique.<br /><br /><strong>Mon expérience</strong><br /><strong></strong><br />Les réactions des citoyens que j'ai sollicité aujourd'hui se place sur un spectre à deux extrêmes. La première extrême ce sont ces gens qui donneraient leur chemise pour les plus démunis (Ils sont habituellement de la classe moyenne et d'un âge avancé).<br /><br />L'autre extrême, celui des suspicieux qui appliquent à merveille la théorie "des chips pis de la bière". Vous souvenez vous quand Stephen Harper avait proposé sa politique du 1 200 $ par enfant de moins 4 ans. Un candidat libéral avait déclaré que cet argent servirait à acheter des chips pis de la bière au lieu d'être réservé aux soins de l'enfant. C'est pourquoi, au lieu de donner de l'argent aux parents, il fallait l'investir dans le réseau des garderies.<br /><br />Ce type de personnes considèrent les personnes démunies comme des bouguons qui profitent du système. Dans le fond, ils s'assoient sur l'attitude d'une minorité pour refuser de venir en aide à la majorité qui en a réellement besoin.<br /><br /><br />Je dois vous avertir, la plupart des citoyens donnent sans discuter et avec plaisir.<br /><br />Une bonne partie donnent pour se débarasser, d'autres se chachent derrière le divan en pensant que nous ne les avons pas vu (c'est normal, il faut se méfier de quelqu'un avec un foulard rouge, une cloche et un bas de Noël, " il s'est sûrement évadé de l'asile, en plus il chante une chanson débile, c'est confirmé, je saute derrière le sofa ! ")<br /><br />Anecdote, ceux qui ont un commerce attaché à leur propriété sont très généreux ! C'est chien ce que je viens d'écrire, je ne sais pas si vous me suivez. Ceux qui ont un commerce ont une clientèle et ont besoin de capital social, ils sont donc généreux.<br /><br />Maudit capitalisme hein ! Dans le fond, on s'en fou pour quelle raison ils donnent, ils donnent eux. 20 $ c'est 20 $, fuck pourquoi y'est dans canne. Dans le bas, scusez.<br /><br />Mais le plus drôle dans tout ça, c'est ceux qui ne veulent pas donner mais qui essaient de t'expliquer pourquoi.<br /><br />"Vous savez, je paye assez de taxes comme ça, je ne fête pas la fête de Noël, c'est commercial, je pense qu'il y a des programmes pour les pauvres pis l'argent que vous ramassez sert à se payer des billets de loteries pis de la bière (nouvelle version de la théorie), je choisi mes causes et je donne directement."<br /><br />Un non ça aurait faite pareil.<br /><br />Le raisonnement est souvent appuyé par un ton un peu honteux, honteux de ne pas être solidaire et compatissant comme l'État l'ordonne. La plupart de ces personnes n'ont pas tort, ils font le choix raisonné de ne pas donner et je respecte ça.<br /><br />Par contre, ce que je déplore au plus haut point c'est quand on me dit que c'est à l'État de faire ça, de s'occuper des pauvres, comme si être pauvre ça se guérissait en allant à l'urgence.<br /><br />C'est faux, ça devrait être la société civile organisée qui s'occupe des démunis. Ce serait plus efficace et beaucoup moins propice à l'abus comme les programme sociaux étatique qui sont devenus un nid à corruption. C'est simple, plus c'est gros, plus c'est facile à frauder.<br /><br />Donc, ceux qui veulent moins de profiteurs de système en maintenant des services pour ceux qui en ont vraiment besoin devraient donner pour la Guignolée et gueuler contre les programmes mur à mur du gouvernement.<br /><br />C'est la réponse parfaite pour ceux qui détestent les bouguons mais respectent les démunis.<br /><br />Le laboratoire d'aujourd'hui me fait réaliser à quel point l'esprit des Québécois est sclérosé par des mythes et des histoires qui brouillent leur capacité à réfléchir efficacement et intelligement.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116457736465192922?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1161981581109011242006-10-27T16:05:00.000-04:002006-10-27T16:39:41.153-04:00Une nation ? Yes monsieur Landry mais...Dans le devoir du 27 octobre , Bernard Landry invitait Stephen Harper à suivre la trace de Michael Ignatieff en reconnaissant la nation québécoise. Jusque là, pas trop de problèmes. Mais il faut bien comprendre que le jour où un Premier ministre fédéral reconnaîtra la nation québécoise, ça va ruer dans les brancards dans le ROC et le Québec se lancera sur la voie des revendications pour l'égalité nationale. Ce n'est pas pour rien qu'aucun PM ne s'y soit risqué encore.<br /><br />Là où le problème arrive c'est dans la conclusion du pladoyer de monsieur Landry:<br /><br /><em>"Évidemment, dès que cette reconnaissance sera réalisée, il faut que vous sachiez, en toute honnêteté, que vous serez par la suite confronté à la question suivante : pourquoi la nation québécoise devrait-elle se satisfaire du statut de province d'une autre nation et renoncer à l'égalité avec votre nation et toutes les autres ? Encore et toujours une question de vérité et de cohérence."</em><br /><em></em><br />What ? Vérité et cohérence ? Venant d'un homme chez qui la rigueur intellectuelle ne semblait pas faire défaut voilà un impair majeur monsieur Landry. Je m'explique.<br /><br />Vous dites que la nation québécoise est une nation provinciale (au sens péjoratif) à celle du Canada anglais. En quoi n'est-elle pas égale ? La nation québécoise n'est pas reconnue au même titre que la nation canadienne-anglaise. La seule que le Canada reconnaît est la nation canadienne, nation civique composée de deux langues officielles et muliticulturelle.<br /><br />Ce qui ressort de votre raisonnement c'est que le fédéral représente la nation canadienne-anglaise et que le Québec représente la nation québécoise. Or, il n'en est rien. Le fédéral n'est qu'une structure politique où le Québec occupe 75 sièges sur 308. That's it mister Landry.<br /><br />Souvenez-vous, après l'Acte d'Union (1840) alors que le Bas-Canada francophone était plus populeux que le Haut-Canada anglophone et que l'Assemblée législative comptait le même nombre de représentants de ces deux Canadas. Les Bas-canadiens réclamaient le "rep by pop", la représentation selon la population. Eh bien, nos souhaits sont exaucés, nous sommes 75 sur 308, 25 %. Nous l'avons réclamé et nous l'avons eu. Mais, celà ne fait pas de nous une nation inférieure en qualité et en valeur, nous ne sommes qu'inférieur en nombre.<br /><br />Votre pladoyer a de mauvaises fondations. Vous conserver ce vieux réflexe de colonisé en affirmant qu'Ottawa ne nous appartient pas au même titre que les autres citoyens des autres provinces canadiennes. Notre nation est l'égale de la nation canadienne-anglaise, qui n'est selon moi qu'une vision de l'esprit. Il n'y a pas de supra-nation au dessus de la tête québécoise et qui a ses bureaux à Ottawa. Tant et aussi longtemps que nous ne réaliserons pas cette réalité, nous ne pourrons pas prendre notre place au fédéral et nous allons continuer à élire des tétêux de pension qui n'ont aucune chance de faire des gains pour le Québec.<br /><br />Donc, avant que monsieur Harper reconnaisse la nation québécoise, il devrait reconnaître la nation canadienne-anglaise. Vous plaidez pour la nation civique, alors en quoi les candiens-anglais n'en sont pas ? La seule nation qui existe pour le fédéral et je l'ai dit plus haut, c'est la nation canadienne composé de deux groupes linguistiques majoritaires et d'une population multiculturelle.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116198158110901124?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1161794799549182522006-10-25T12:33:00.000-04:002006-10-25T12:47:54.880-04:00Le ministère des Finances ou l'industrie du fauxLe vérificateur général du Québec tape encore sur les doigts du ministre des Finances pour sa mauvaise tenue de livre. Depuis que la loi sur L'équilibre budgétaire a été votée, le gouvernement se fait un devoir de manipuler les chiffres pour faire croire au déficit zéro et le VG se fait aussi un devoir de lui rappeler ses passes-passes.<br /><br />Depuis 1998, le déficit accumulé serait de 5,3 milliards alors que Michel Audet affirme qu'il y a un surplus de quelques millions.<br /><br />Qui croire ? Celui qui joue la vie de son gouvernement et de son poste de ministre ou celui qui profite de toute l'indépendance possible et ce, garantie par l'Assemblée nationale ? Poser la question c'est y répondre.<br /><br />Ce que le VG nous confirmait hier c'est que le gouvernement a tous les droits pour falsifier ses chiffres alors qu'ils exigent, par l'intermédiaire de la Loi sur l'Împot, que des principes comptables certifés soient utilisés par les entreprises sinon, des sanctions pénales pourraient suivre de manipulations frauduleuses des livres.<br /><br />Certains dirigeants d'entreprises sont en prison pour avoir fait ce que le gouvernement fait actuellement au grand jour mais le Québécois ne s'indignera pas de celà, il ne sait pas ce que sont des principes comptables.<br /><br />C'est un des pires scandales que j'ai vu de ma vie et la mascarade se répète depuis huit ans. Le PLQ le dénonçait lorsqu'il était dans l'opposition et agit de la même façon. Aujourd'hui, c'est le PQ qui le dénonce malgré que le mot coupable leur soit imprimé dans le front.<br /><br />Payons-nous le luxe d'élire un gouvernement plus responsable à la prochaine élection.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116179479954918252?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1161487838346824702006-10-21T23:08:00.000-04:002006-10-21T23:30:38.360-04:00Les bottines suivent pas les babines<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/charest_corbeil.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/320/charest_corbeil.jpg" border="0" /></a> Vous savez lorsque nous nous donnons la peine de suivre le jeu parlementaire et l'actualité, ça nous permet de mettre au jour des contradictions évidentes. Aujourd'hui, il y en a une qui m'a frappé.<br /><br />Mardi dernier Jean Charest sommait Dédé, chef par intérim du PQ, Boisclair de ne pas entrer dans la partisanerie dans le dossier de la crise forestière, pire crise jamais vécue dans cette industrie au Québec. Il fallait s'unir dans un espèce d'union charnelle (c'était gratuit de ma part ça !) pour travailler ensemble à régler cette crise.<br /><br />Or, pas plus tard qu'aujourd'hui, Charest est entré dans le discours partisan avec ses grosses bottes sales pour dénoncer les administrations péquistes dans la gestion de la forêt. Les bottines ne suivent évidemment pas les babines.<br /><br />Loin de moi l'idée de contester sa position ! Même si je veux simplement dire que la crise forestière n'est pas simplement causée par la gestion de la ressource et que ce n'est qu'un facteur dans une équation fort complexe.<br /><br />Tout de même, ça démontre une chose. Le PLQ et Jean Charest sont prêts à employer toutes les entourloupettes possibles pour gagner un public, tourner en bourrique leurs adversaires et s'assurer d'un autre séjour de quatre ans au soleil. Nous le savons tous, le PLQ, la seule chose qui les excite c'est le pouvoir mais il serait tout de même temps de réhabiliter une certaine morale ou une certaine honnêteté intellectuelle dans le discours politique. Ne nous demandons pas pourquoi les citoyens sont si écoeurés (et le mot est juste) de nos politiciens.<br /><br />Autre chose, dans le même article de la presse Charest dit la chose suivante :<br /><br /><em>"Jean Charest a déclaré vouloir faire du développement éolien son héritage dans l'espace énergétique au Québec. «J'aimerais, sur le plan énergétique, qu'on puisse retenir que c'est notre gouvernement qui a donné l'élan au développement éolien"</em><br /><em></em><br />Oui monsieur Charest ce que nous retiendrons de votre passage c'est sûrement à quel point vous avez été vire-vent !<br /><br />Faudrait pas charier, le développement éolien c'est bien mais c'est sans commune mesure avec ce que Bourassa a légué avec la Baie-James. Encore là, l'honnêteté intellectuelle n'y était pas.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116148783834682470?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1161191995540745672006-10-18T12:59:00.000-04:002006-10-18T13:19:55.600-04:00Frapper là où ça fait mal<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/Mass??.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/Mass%3F%3F.jpg" border="0" /></a> Monsieur Bouchard ayez la frousse, les centrales veulent votre tête ! Henri et Claudette sont sortis pour défendre la cause de leurs travailleurs, sans parler de Valois qui vomit sur vous.<br /><br />Je suis tellement fier de ma belle province où nos bûcherons de syndicaliste sortent pour maintenir le statu quo, endroit paradisiaque pour faire le plein de cotisations et s'assurer une retraite grassement payée à coup de voyage de pêche avec le patronat. Quelle hypocrisie.<br /><br />Merci monsieur Bouchard d'ébranler les colonnes du temple CSN-FTQ-PQ, le statu quo est intenable. Tout le monde le sait mais ceux qui occupent la place de choix sont trop égoistes pour penser à l'avenir.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116119199554074567?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1161136769727905162006-10-17T20:56:00.000-04:002006-10-17T21:59:29.803-04:00Le militantisme des enfants roi<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/enfantroi.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/enfantroi.jpg" border="0" /></a> Je suis tombé, par hasard, sur la revue <em>Ultimatum 2006-2007 </em>de l'ASSÉ (Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante). Cette lecture de chevet d'une soirée s'est avérée fructueuse au plan des idées. J'ai réalisé à quel point ma génération, celle des Y, celle des enfants roi, a réussi à se draper sous de beaux principes, des belles vertus du militantisme social et étudiant pour dissimuler ses traits de caractère pernicieux. Personnellement, je suis originaire de la campagne, rare endroit où le travail est encore encouragé comme une source de valorisation. C'est pourquoi je m'inscris en faux face au caractère qui distingue tant ma génération et qui me répurgne au suprême degré.<br /><br /><strong>L'enfant roi</strong><br /><br />Qu'est-ce que l'enfant roi ? Selon Claude Alain, expert en la matière, cette génération est issue d'un tissu familial fragmenté où père et mère travaillent. De ce fait, le nombre d'enfants par famille s'en trouve diminué et la présence parentale est, elle aussi, moins grande. Pour combler ce déficit d'attention et de présence couplé à un sentiment de culpabilité ressenti par les parents, les enfants ont été gavé, père et mère répondant à leurs moindres désirs.<br /><br />L'effet sur l'enfant : il devient réfractaire à tout type d'effort car il obtient tout ce qu'il désire, il n'accepte aucune relation d'autorité où il se trouve en position d'infériorité et il réclame tout comme si il y avait droit de droit.<br /><br /><em>"¨l'enfant roi dominateur¨; bénéficiaire du laxisme éducatif, il est celui que l'on décrit habituellement comme le résultat d'un enfant gâté et pourri tout au long de son développement, impulsif, opposé à toute autorité, et sans aucun sens de la discipline et de l'effort</em>." Gilbert Rocher, psychologue.<br /><br />Ces analyses valent ce qu'elles valent mais elles permettent tout de même de ben saisir le caractère de ma génération si prometteuse.<br /><br /><strong>L'ASSÉ : pour la gratuité scolaire</strong><br /><strong></strong><br />Je reviens donc à l'ASSÉ. Dans ce petit pamphlet où Léo-Pol Lauzon règne en maître à penser, une étudiante du Cégep de Sherbrooke plaide pour la gratuité scolaire en quatre temps.<br /><br />1. Tout frais relié à l'enseignement devrait être aboli et assumé par l'État.<br /><br />2. Les fournitures scolaires devraient être payées par l'État.<br /><br />3. L'État devrait établir le salariat étudiant afin qu'ils puissent payer les autre frais afférents tels le logement et la nourriture. Tout ceci sous prétexte qu'un travailleur a droit à un salaire pour son travail alors l'étudiant devrait lui aussi y avoir droit.<br /><br />4. La gratuité scolaire aurait l'avantage de rendre les études post-secondaires accessibles à tous, sans discrimination basée sur les ressources financières. La même logique devrait s'appliquer aux étudiants étrangers afin qu'ils puissent profiter de notre merveilleux système d'éducation.<br />Tout le monde pareil, tout le monde égal. En fait, tous pauvre égal !<br /><br />N'est-ce pas de beaux principes ! Mais est-ce que le Québec en a les moyens ? Et, quel serait l'impact de la gratuité sur la qualité de l'enseignement ? La question de fonds est : Est-ce que ce serait responsable socialement d'agir ainsi ?<br /><br />l'ASSÉ répond que si les riches et les compagnies payaient leur juste part d'impôt, nous en aurions les moyens. Leur seule référence, l'étude de Léo-Paul sur la fiscalité des entreprises au Québec, étude qui a été contredite par certains experts beaucoup plus sérieux que lui dernièrement.<br /><br />Le Québec a de moins en moins de contribuables, la concurrence internationale fait fuire les entreprises qui crachent au visage d'un Québec pas du tout compétitif pour ce qui est de la fiscalité des entreprises et voilà que nous devrions donner l'éducation en en demandant plus aux citoyens et aux compagnies ? Tant qu'à y être, aucune restriction sur le nombre d'échecs des étudiants et sur le temps qu'ils passent aux études ! Du B.S. déguisé quoi !<br /><br />Je ne serai pas démagogique, je vais proposer une solution. Augmenter les frais de scolarité et ajuster les prêts et bourses en conséquence. Les universités se plaignent d'un sous-financement chronique et créent des déficits chaque année. C'est la qualité de l'enseignement qui en souffre au premier chef et bien sûr, l'accessibilité par la suite. Donc, ma solution offre un revenu direct et exempt des choix politiques aux universités, fait payer ceux qui en ont les moyens et conserve un accès déjà très démocratique aux études post-secondaires.<br /><br />Être pragmatique, ça ressemble à ça. J'ai fait un petit calcul il y a quelque temps et j'arrivais à la conclusion que c'était payant pour le gouvernement d'agir ainsi. Quelque chose comme une centaine de millions de plus annuellement dans les poches de l'État.<br /><br />Ne nous faisons pas d'illusion, la plupart des étudiants vivent grassement pendant leur études. Le cliché des stationnements d'université est frappant.<br /><br /><strong>Le militant enfant roi</strong><br /><strong></strong><br />Ce que je retiens de ma lecture de cette brochure syndicaliste c'est que les enfants roi, rongés par leur lâcheté et leur incapacité à faire des efforts, ont réalisé que pour plaider leur cause et demeurer assis sur leur trône, ils devaient enrober le tout de belles vertus d'égalité et de solidarité empruntées au discours de la gauche syndicale incarnée par leurs parents.<br /><br />Ils sont intelligents ces petits, le problème c'est qu'ils réfléchissent pour se maintenir dans leur torpeur plutôt que pour l'avancement de notre société.<br /><br />L'éducation, ce n'est pas du gavage d'oies. Ce n'est pas le lieu où profs diffusent de l'information et de l'opinion de gauche et où étudiants gobent comme des imbéciles. C'est le lieu de la formation sous toutes ses facettes. Là où on développe son esprit critique et son jugement mais aussi le passage où on apprend la vie, l'effort, l'ardeur au travail. Pour ça, l'étudiant doir l'avoir à la dure, il doit gagner ses études et retirer le maximum de son enseignement parce que cet enseignement a une valeur.<br /><br />L'effort, la compétition, les difficultés, ça fait partie de la vie d'adulte. Les étudiants réclament d'être traités en adulte alors qu'ils en assument les avantages comme les inconvénients.<br /><br />Je suis la preuve vivante que c'est possible. J'ai un bac, une job, une maison et 24 ans dans le corps. J'ai travaillé pendant toutes mes études pour combler la quasi absence de prêts et bourses. Eh non, je ne suis pas mort mais je suis mature, j'ai du jugement, j'aime travailler avec ardeur et je sais considérer les autres dans mes actions.<br /><br /><strong>Le militantisme des enfants roi c'est la dissimulation derrière de faux principes d'une lâcheté crasse qui aura raison de nos acquis sociaux.</strong><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116113676972790516?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1160768832254338352006-10-13T15:12:00.000-04:002006-10-13T15:47:12.273-04:00La belle province vs Les méchants anglos<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/McGill_coupable.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/McGill_coupable.jpg" border="0" /></a> Petit peuple sans envergure qu'est le Québec. C'est la faute de l'Université McGill s'il manque de médecins au Québec. Quel réflexion de perdant et de colonisé ressort de ce groupe de pression visant à mettre des bâtons dans les roues du projet d'hôpital universitaire McGill. Nos bons vieux nationalistes protecteurs de la langue françoise porteur la bonne nouvelle entretiennent encore et toujours le mythe de "la faute à l'autre". Le Québec n'est pas responsable de l'exode de ses médecins, oh que non, c'est l'Université qui travaille pour exporter le savoir à coup cerveau !<br /><br />Le Québec a une structure économique qui décourage la richesse et qui entretient la pauvreté, une culture politique qui travaille au nivellement par le bas depuis trente ans et un système de santé qui élimine la compétition, la possibilité de travailler et de performer. Donc, une fois la barrière de la langue dépassée, qu'est-ce qui reste comme avantage concurrentiel pour le Québec afin de conserver ces nouveaux médecins ? Rien, niet, nothing.<br /><br />Le discours de ce groupe est dégradant et démontre encore une fois que le Québec vit sous la tutelle de sa propre incompétence et de sa grossière incapacité à s'élever au rang de nation ou de peuple à part entière. Le Québec est incapable d'assumer la responsabilité de ce qu'il est dans ses bons coups comme dans ses mauvais. Ce discours, les baby-boomers l'ont entretenu et l'entretiennent toujours. "C'est pas de ma faute, c'est la faute de l'anglais, du boss, du riche, du fédéral, de la température, du destin, du bon-Dieu..." Stop !<br /><br />Ce qui nous arrive on l'a voulu et on l'a mérité. C'est de la faute de personne. Un peuple évolue et choisit face à des contingences et tout peuple évolué et doté d'une intelligence comme le nôtre n'a que lui à blâmer pour le sort qui lui est réservé.<br /><br />En passant, les péquistes avec leur beau discours ont travaillé à entretenir cette vision de colonisé que nous nous faisons de nous-mêmes. Par leur interprétation de l'histoire du Québec comme un peuple concquis et qui a échappé à l'assimilation en se retirant dans ses retranchements. Par leur discours simpliste et dichotomique où le Québec province est victime du Canada pays, où le francophone solidaire est victime de l'anglophone capitaliste... Ce n'est sûrement pas Boisclair avec son discours emprunté sur la fierté qui va changer ça.<br /><br />Faites que la génération qui est la mienne évacue cette idée que nous sommes des victimes et élevons nous au-dessus de ce discours misérabiliste enfin. Le Québec est brillant, ingénieux et n'a que lui à blâmer pour ce qui lui arrive. Il n'a pas besoin d'un gouvernement pour lui tenir la main et il n'a pas besoin d'être souverain pour être fier. Un bon coup de barre pour rendre le Québec fier pis ça presse !<br /><br />P.S. Si il y a tant de diplômés qui quittent le Québec après avoir été formé à McGill, ce ne serait pas à cause que ces étudiants viennent déjà de l'étranger ? Je ne sais pas mais je pose la question !<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116076883225433835?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1160694313890044342006-10-12T18:57:00.000-04:002006-10-12T19:05:13.903-04:00Merci monsieur Dumont<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/dumont.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/dumont.jpg" border="0" /></a> Je tiens à remercier le chef de l'ADQ pour avoir demandé la démission de Pierre Corbeil. Ça me réconforte de voir que je ne suis pas le seul à juger ce ministre totalement incompétent.<br /><br />En espérant que le Premier ministre passe à l'acte. Ça, c'est une autre paire de manches. Il est tellement mesquin qu'il pourrait bien le garder à sa place pour faire mentir Mario Dumont et ce, aux dépends des victimes de la crise forestière qui ont besoin, en ce moment, d'un ministre influent et compétent.<br /><br />L'avenir nous réserve tellement de surprises ! Qui aurait pu prévoir un telle crise forestière. En tout cas, sûrement pas le gouvernement.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116069431389004434?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1160603840834180622006-10-11T17:41:00.000-04:002006-10-11T17:57:20.850-04:00Corbeil bientôt à la corbeille<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/corbeil.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/320/corbeil.jpg" border="0" /></a>Pierre Corbeil va bientôt perdre son poste de ministre des Ressources naturelles et la Faune ça me semble évident. On avait bien beau dire que le ministre des Transports avait mal géré la crise entourant le viaduc Concorde, la semaine dernière mais là, on est dans l'incompétence totale.<br /><br />Corbeil a l'air d'un homme complètement dépassé par les évènements. Il a beau nous parler du prix du 2 par 4 mais c'est clair comme de l'eau de roche, il est incapable de jouer son rôle de leader pour calmer le jeu et démontrer qu'il contrôle la situation. En entrevue à TVA, il a eu l'air d'un gars qui ne savait plus quoi faire, quoi répondre pour se défendre et cacher sa détresse évidente. Quand c'est Nathalie Normadeau qui joue au body-guard pour lui, il est rendu bas pas à peu près.<br /><br />Malgré sa grande connaissance du prix du 2 par 4, Pierre Corbeil est complètement incapable de nous dire ce qui se passe, ce qui aurait dû se passer et quel est le rôle que doit jouer le gouvernement face à cette crise. C'est pas parce qu'un gars vient de l'Abitibi qu'il connaît le bois.<br />Monsieur Corbeil, bonne fin de mandat comme back bencher, vous l'aurez bien mérité.<br /><br />C'est ça quand on demande à un déracineur de dents de déraciner des arbres.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116060384083418062?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1160531990723461212006-10-10T21:17:00.000-04:002006-10-10T21:59:50.736-04:00Un gouvernement au gré du vent<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/valse.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/320/valse.jpg" border="0" /></a> Décidément, le gouvernement libéral ne cessera jamais de me surprendre par son manque de subtilité. Ces temps-ci, ils éteignent feux par dessus feux avec une énergie qui ne manque pas de rappeler l'image d'un gouvernement qui a peur à sa peau !<br /><br />Béchard qui veut resserer les exigences de salubrité des piscines publiques sur la base d'un rapport qui s'est avéré scientifiquement irrecevable.<br /><br />Fournier qui annonce un réinvestissement en éducation au lendemain d'une déclaration de Boisclair sur "SA priorité L'éducation".<br /><br />Charest qui tire sur le Globe and Mail pour dénoncer l'article de madame Wong<br /><br />Charest qui n'attend même pas qu'un viaduc soit tombé pour nommer Pierre-Marc Johnson à la tête de la Commission d'enquête. Une chance que la viaduc a terminé sa course à temps et a écrasé quelques voitures au passage !<br /><br />C'est quoi cet empressement maladroit qui nous fait croire que le gouvernement tourne au gré du vent, qu'il tire dans toutes les directions.<br /><br />J'aime bien comparer, dans des moments comme celui-ci, le gouvernement à une entreprise privée. Que diraient les actionnaires d'une entreprise si le gestionnaire décidait d'investir aujourd'hui dans l'éthanol parce qu'il a lu un article sur l'avenir de cette nouvelle source d'énergie verte et que demain, il investit dans les technos parce que leur rendement de la veille a été très bon en bourse et le surlendemain, il se lance dans les pharmaceutiques pour une autre très bonne raison ? Les actionnaires lui crisserait leur pied au cul après lui avoir demandé, "cher monsieur, quelle est la ligne directrice qui nous permettrait de comprendre ces revirements drastiques ?"<br /><br />Le gouvernement de Jean Charest a perdu son gouvernail et nous avons aujourd'hui la manifestation la plus évidente que ce gouvernement gouverne à vue depuis 2003.<br /><br />Aujourd'hui, la priorité du gouvernement pour l'automne sera la crise forestière et le développement régional. Pourquoi ? Parce que les assises annuelles de la Fédération québécoise des municipalités ont eu lieu il y a deux fins de semaines et que la ministre Normadeau a été coincé dans le coin par les maires qui, il ne faut pas le sous-estimer, ont une influence certaine sur les intentions de vote provinciales.<br /><br />Bernard Généreux a rappelé qu'une entente avait été prise avec les municipalités pour la décentralisation des ressources et des pouvoirs et que rien n'était fait depuis 2004.<br /><br />La crise forestière sera aussi la priorité après deux ans de sommeil profond. Le rapport Coulombe en 2004 annonçait les problèmes à venir dans l'industrie et les chiffres étaient là pour démontrer que la crise s'en venait à fond de train mais le gouvernement n'a réagi qu'un an plus tard avec une mesure visant la modernisation des scieries alors qu'elles n'avaient même pas les moyens de survivre et de conserver leurs acquis. Bravo monsieur Corbeil. Madame Normandeau vous a bien défendu par contre, ce n'était pas de votre faute le gouvernement ne pouvait pas prévoir une crise d'une telle ampleur.<br /><br />Quel gouvernement de pacotille. Ils vont annoncer de nouvelles mesures pour venir en aide à l'industrie. Autrement dit, ils ont cassé le pot et là, ils essaient de le recoller.<br /><br />Dans cette grande valse hésitation où les décisions ponctuelles auront prouvé aux Québécois que ce gouvernement n'avait aucune idée d'où ils s'en allait après son élection, ceux qui en souffriront le plus se fermeront la gueule comme toujours. Ceux qui paient des impôts et qui regardent le gouvernement dillapider leur "cash" sans même envisager une seconde qu'ils ont l'avenir du Québec entre les mains.<br /><br />La démonstration semble évidente, au cours des quatre dernières années le Québec aura tourné en rond.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-116053199072346121?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1159927172023309322006-10-03T21:13:00.000-04:002006-10-03T22:05:07.296-04:00LCN nous annonce LA NOUVELLE DE LA SEMAINE !!!<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/viaduc.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/viaduc.jpg" border="0" /></a> Aujourd'hui, je me cherche un sujet de discussion. Vous allez me dire, écris rien si t'as rien à dire ! Vous avez bien raison mais, c'est souvent dans les moments où on a rien à dire que l'on va le mieux à l'essentiel. Donc, oublions le viaduc, oublions le Collège Dawson, le départ de Mike pour Dallas et parlons pour parler.<br /><br />Je viens tout juste d'exposer quelques sujets importants aux yeux de plusieurs québécois. Le viaduc de la Concorde fait un vacarme monumental ces temps-ci et ce, pour des raisons évidentes. Le son titanesque que le viaduc a produit en frappant le sol a rendu le Québec sourd à tout autre son et a étouffé tous les bruits des autres sujets qui continuent de frapper le Québec de plein fouet à chaque jour. Comme si le Québécois moyen n'était capable que d'une seule nouvelle par semaine.<br /><br />La tragédie du viaduc est frappante à certains égards. La fin de semaine a démontré (encore une fois) la limite rapidement atteinte de l'information continue et l'incapacité complète des médias à traiter intelligemment d'un sujet.<br /><br />Nos deux chaînes d'info continues ont cherché de la nouvelle pendant tout la fin de semaine dans ce qui venait de se produire. S'ils avaient pu, ils auraient braqué leur micro sous le viaduc pour capter le dernier souffle d'une des victimes. Cette pervertion complète nous démontre une fois de plus que le journaliste et surtout, le chef de pupitre, n'ont aucunement l'intention d'informer intelligement avec des données pertinentes, ils ont comme seul et unique objectif de sortir fort et vite.<br /><br />Où je veux en venir ? Je veux en venir à l'idée suivante. Plus l'information est diffusée en continue, plus l'information est jetable. La logique voudrait que plus un média passe de temps à faire dans l'info, plus les sujets sont fouillés et multiples. Or, on assiste plutôt à une diminution des sujets traités et à une amplification de l'ampleur donnée à une nouvelle. Pourquoi ? Parce que les médias n'ont pas les moyens de leurs ambitions. Pratte le disait déjà à la fin des années quatre-vingt dix dans "<em>Les Oiseaux de malheur</em>", RDI et maintenant LCN n'ont pas les effectifs et le temps de fouiller plusieurs sujets en profondeur. Donc, la surenchère médiatique qui veut que celui qui scoop soit celui qui gagne amène ces Professionnels de l'information à concentrer toutes leurs énergies sur un seul sujet afin qu'ils puissent, avec leur attitude de vautour, trouver, dans la carcasse du drame, ce qui va encore amplifier la nouvelle pour émouvoir le bon peuple.<br /><br />À sauter comme des tiques de chien en chien, les nouvelles passent et les journalistes ne font aucun suivi de l'évolution des évènements et tout ce que nous aurions pu tirer comme enseignement tombe dans l'oubli. Car, il faut bien le réaliser, ce qui va être pertinent dans la catastrophe du viaduc de la Concorde, c'est la suite. Le rapport d'enquête qui, je l'espère, va nous expliquer ce qui s'est passé au plan spécifique et au plan global. Ça ne nous regarde pas ce qui est arrivé aux victimes et ce qu'ils laissent derrière, ça ne concerne que leurs proches. C'est important de le mentionner mais pas d'en faire une nouvelle pour une semaine. Ce sont les conclusions, les explications qui nous concernent. C'est celà qui nous dira, comme citoyen, si les choix de notre société ont été les bons et comment nous devons envisager l'avenir au sujet de nos infrastructures.<br /><br />Mais bon, nos charognards de service trouveront une autre proie la semaine prochaine, laisseront la dernière avec l'ossature du drame intacte et dévoreront la nouvelle goulûment. Tous ils seront sur la même proie, survolés par un hélicoptère inutile, et seront convaincus de bien faire leur travail. Pendant ce temps, la vie au Québec se fait à coup de journées (comme disait Vilains pingouins !) et chacune est soudée à l'autre pour faire, ce qu'ont appelle communément de la cohérence, ce dont manque sérieusement nos journalistes quand vient le temps de traiter de l'information.<br /><br />Voilà ce que je n'avais pas à dire.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-115992717202330932?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1159562241436784522006-09-29T16:25:00.000-04:002006-09-29T21:05:11.093-04:00Latendresse reste à Montréal ou la recherche d'un héros<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/latendrese.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/320/latendrese.jpg" border="0" /></a> C'est John Saul qui disait que le culte du héros est devenu, dans la société moderne, un espèce de rituel un peu débilitant qui amène les citoyens à chercher des modèles à suivre. C'est loin dans ma mémoire mais vous pouvez trouver tout ça dans les Bâtards de Voltaire. Livre à lire en passant.<br /><br />Guillaume Latendresse a signé un contrat avec les Canadiens aujourd'hui. Sortons dans les rues notre sauveur est arrivé pour nous donner, à nous Québécois, l'impression que nous sommes des "winners" l'espace d'un instant. Parce que c'est bien ça le problème. Les Québécois ont tellement une mentalité de "loosers" qu'ils vont s'arracher la manettre de TV pour pouvoir admirer leur héros qui est, en fait, un simple joueur de hockey. Loin de moi l'idée de dénigrer notre sport national au contraire, je le vénère, le sport.<br /><br />C'est juste que j'ai l'impression que nous ne posons pas nos priorités aux bonnes places. La planète Montréal n'a que le Gui-Gui-Gui en tête aujourd'hui.<br /><br />C'est bien le petit Québécois de se pâmer comme une adolescente devant un "poster" d'une star d'Hollywood, devant Guillaume et de se dire "aie, lui on en est fier" et de rester assis sur le divan sans même envisager une seconde que de lui aussi nous pourrions dire "aie, lui on en est fier". Là-dessus, j'envie notre voisin du Sud qui a réussi à mettre dans la tête des citoyens que chacun pouvait devenir quelqu'un.<br /><br />En tout cas, bonne fin de semaine, soyez fier, pas d'être Québécois mais de vouloir devenir quelqu'un de qui on dira "aie, lui on en est fier!".<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-115956224143678452?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1159457343389054292006-09-28T11:02:00.000-04:002006-09-28T17:07:14.836-04:00La Gauche : elle ne fait pas que vieillir, elle faiblit aussi<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/060205david-khadir_n.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/060205david-khadir_n.jpg" border="0" /></a> Le sondage d'hier nous démontre que Québec Solidaire est en chute libre, comme titraient deux quotidiens québécois. Ce n'est pas vraiment surprenant quand on constate jusqu'à quel point ce parti est déconnecté de la réalité.<br /><br />Quand j'entends monsieur Khadir affirmer que le 11 septembre est un complot orchestré par les Américains eux-mêmes ou quand il se fait du capital politique sur le dos de la tragédie de Dawson ( <a href="http://www.quebecsolidaire.net/blogue/amir-khadir/dawson-pourquoi">http://www.quebecsolidaire.net/blogue/amir-khadir/dawson-pourquoi</a> ) et nous offre son boniment sur le pacifisme et le beau rêve d'un monde sans violence. Ou, quand madame David affirme à Radio-Canada que si les Québécois payaient plus d'impôts, le Québec s'en porterait beaucoup mieux, je me demande où la gauche trouve ses appuis dans notre société. En passant, madame David, si vous voulez que les Québécois votent pour le parti qui représente leurs valeurs, mettez donc la clé dans la porte tout de suite.<br /><br />Vous savez, ça a toujours été le problème de la gauche québécoise qui ne se rend pas compte que le Québec est de gauche au départ. Ils tirent vers l'extrême et leur forte tendance à invoquer leurs idéologies et leurs modèles théoriques du bien commun les mène dans le mur à tout coup. C'est un peu comme l'analyse que l'on fait des propos d'un Karl Marx. Les gauchistes vont s'attacher au Manifeste du Parti communiste et vont croire dur comme fer que la révolution prolétarienne est possible et souhaitable malgré les exemples d'horreur que nous connaissons tous aujourd'hui et qui ont pris comme principal appui ce même manifeste. Or, de mon côté je peux vous dire que l'analyse économique de Marx offre des pistes de réflexion intéressantes et que son regard neuf (pour l'époque) est rafraîchissant. C'est la différence entre le pragmatisme et l'extrémisme idéologique.<br /><br />Voilà ausi la différence entre le réalisme et l'utopisme. Les groupes qui véhiculent des idées empreintes d'utopisme ne doivent pas faire de politique active, ils doivent agir comme groupe d'intérêt. Les derniers groupes à avoir pris le pouvoir avec des idées de grandeur ont voulu éliminer des races, des classes sociales, des opposants ou, ils ont plongé leur pays dans le désarroi le plus total. Or, soyez réalistes chers So-So-Solidaires et rester donc à l'extérieur de l'Assemblée nationale.<br /><br />Ce n'est pas pour rien que vous vous cassez la gueule, vous n'avez pas encore compris ce que tout le monde a saisi depuis longtemps, les modèles théoriques ne s'appliquent pas à la réalité des choses, ils ne sont que des manières d'analyser notre monde. Mais continuez à y croire, de notre côté, nous allons continuer de supporter vos idioties et l'État continuera à vous garder en vie pendant que vous rêvez au jour où le prolétaire sera roi. C'est à se demander qui a vraiment à coeur le bien commun, ceux qui travaillent à l'avancement et au progrès ou ceux qui réfléchissent à comment régresser.<br /><br />À vous de juger.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-115945734338905429?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1159320726082773952006-09-26T21:20:00.000-04:002006-09-26T21:33:47.306-04:00Les fondements idéologiques de votre humble serviteur<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/jsmill.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/jsmill.jpg" border="0" /></a> <em>Pour bien comprendre où si situe politiquement votre humble serviteur (pour ceux qui ne l'ont pas déjà remarqué) je vous propose ici un texte sur le philosophe politique John Stuart Mill et principalement sur son livre </em>On Liberty. <em>Ce pladoyer en faveur des libertés individuelles et répondant à des questions essentielles comme: Quel rôle l'État doit jouer dans nos vies ?, permet de remettre en question notre façon de considérer la politique aujourd'hui et de revenir à l'essentiel. Enfin, vous comprendrez que lire </em>On Liberty<em> c'est détruire la politique vue sous l'angle du PQ et se conforter dans notre désir de refuser les idées reçues et de promouvoir les initiatives et la liberté de jugement des citoyens. Lisez ce chef d'oeuvre de la philosophie anglaise du 19ième siècle.</em><br /><br />La marche vers l’instauration de la démocratie libérale fut longue et parsemée d’obstacles. La Révolution française est un bel exemple de l’application de principes démocratiques et libéraux qui ont su réussir à certains moments et échouer à d’autres. La Terreur fut retenue par plusieurs intellectuels comme un échec, et certains se sont donnés pour objectif de palier les lacunes de l’époque. C’est le cas de John Stuart Mill qui place son argumentaire de On Liberty comme une réponse aux évènements malheureux de la Révolution en France et aux inquiétudes de certains observateurs de son temps. Son diagnostic s’exprime ainsi : « Ainsi range-t-on aujourd’hui, dans les spéculations politiques, « la tyrannie de la majorité » au nombre de ces maux contre lesquels la société doit se protéger. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> Cette idée restera présente, en arrière plan, dans tout le développement.<br /><br />De le liberté est un des textes fondateurs de la démocratie libérale tel que nous la connaissons aujourd’hui. Mill écrit dans le contexte d’une Angleterre dominée par les idées des utilitaristes comme son père, James Mill, et Jeremy Bentham. Malgré une sincère admiration pour ces hommes, il finira par s’éloigner d’eux, il « rejettera le modèle utilitaire simple et s’éloignera de la doctrine de son père. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> Pour Mill, les plaisirs ne se valent pas tous, certains doivent être désirés plus que d’autres<a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>. Il préfère les plaisirs de l’esprit à ceux du corps. Ainsi, il adopte la vision de Humboldt sur le bonheur de l’homme : « …le développement le plus large et le plus harmonieux de toutes ses facultés en un tout complet et cohérent. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn4" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a><br /><br />Ce texte peut aussi être placé dans un dialogue entre son auteur et Alexis de Tocqueville. Ce dernier craignait les effets pervers de l’égalité entre les individus. Ayant observé le système américain, Tocqueville craint que l’instauration de la démocratie puisse mener à une certaine tyrannie de la majorité. Étant un de ses plus grands interprètes un de ses correspondants, Mill développera les freins contre une possible tyrannie en faisant prévaloir les droits individuels sur les droits de la collectivité.<br /><br />Le texte présenté ici cherche à faire ressortir les principaux éléments du texte de Mill. Sans n’en résumer que le contenu, il sera intéressant de souligner l’objet et l’argumentaire de l’essai. De la liberté est sans doute un des textes fondateurs de la démocratie libérale, et c’est pourquoi il est si important de le lire encore aujourd’hui.<br /><br /><strong>Objet du texte</strong><br /><br />La démocratie amène son lot de problèmes et le plus sérieux est sûrement, pour Mill, la tyrannie de la majorité. Lorsque le gouvernement est représentatif, le peuple n’a plus à se prémunir contre lui. Le problème change de source, c’est maintenant de la société que les individus doivent se protéger. Il parait ici important de citer Mill, l’extrait est long mais il doit être rapporté en entier pour permettre de bien saisir l’objet de l’essai :<br /><br />« Se protéger contre la tyrannie du magistrat ne suffit donc pas. Il faut aussi se protéger contre la tyrannie de l’opinion et du sentiment dominants, contre la tendance de la société à imposer, par d’autres moyens que les sanctions pénales, ses propres idées et ses propres pratiques comme règles de conduite à ceux qui ne seraient pas de son avis. Il faut encore se protéger contre sa tendance à entraver le développement – sinon à empêcher la formation – de toute individualité qui ne serait pas en harmonie avec ses mœurs et à façonner tous les caractères sur un modèle préétabli. Il existe une limite à l’ingérence légitime de l’opinion collective dans l’indépendance individuelle : trouver cette limite – et la défendre contre tout empiètement éventuel – est tout aussi indispensable à la bonne marche des affaires humaines que se protéger contre le despotisme politique. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn5" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a><br /><br />Le défi de John Stuart Mill est alors de trouver un moyen d’éviter toute tyrannie de l’opinion ou du sentiment dominants pour favoriser la formation de l’individualité et la bonne marche des affaires humaines. En d’autres mots, un moyen pour que l’homme puisse vivre libre (nous verrons par la suite que la liberté est un moyen d’atteindre le bonheur chez Mill) et pour que la société puisse progresser. Il trouvera la solution de ce problème en limitant les droits collectifs sur l’individu, en élaborant une série de libertés fondamentales qui ne peuvent être transgressées par la collectivité. C’est l’objet de On Liberty :<br /><br />« L’objet de cet essai est de poser un principe très simple, fondé à régler absolument les rapports entre la société et l’individu […]Ce principe veut que les hommes ne soient autorisés, individuellement ou collectivement, à entraver la liberté d’action de quiconque que pour assurer leur propre protection. […]Le seul aspect de la conduite d’un individu qui soit du ressort de la société est celui qui concerne les autres. Mais pour ce qui ne concerne que lui, son indépendance est, de droit, absolue. Sur son corps et son esprit, l’individu est souverain. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn6" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a><br /><br />Le développement de l’essai servira à montrer comment cette limite est bénéfique à l’individu et à la collectivité et comment la tyrannie faire régresser les hommes comme la société. Les arguments de Mill visent à exposer de quelle façon les libertés fondamentales (penser, expression, association) sont profitables à la marche d’une collectivité vers le progrès et de l’homme vers le bonheur. En fin de parcours, l’essai traite de comment on doit délimiter ce qui doit être affaires collectives et affaires individuelles.<br /><br /><strong>Argument<br /></strong><br />Le premier point qui se doit d’être traité dans ce développement est l’état des sociétés et des hommes au moment où l’auteur écrit son essai. Pour Mill, les collectivités sont maintenant capables de se développer par elles-mêmes et non plus avec l’aide d’un despote. Ce point est tout aussi vrai pour l’individu, on ne saurait donner à l’homme la liberté s’il ne peut en faire bon usage pour atteindre le bonheur. S’il a atteint cet état où il peut, de façon autonome, décider de ses affaires, la liberté lui permettra de trouver son chemin pour atteindre ce bonheur. Car Mill ne définit en rien un modèle qui doit être suivi. Au contraire, il mentionne que l’homme trouvera par lui-même sa finalité par l’exercice de la liberté :<br /><br />« La liberté, comme principe, ne peut s’appliquer à un état de chose antérieur à l’époque où l’humanité devient capable de s’améliorer par la libre discussion entre individus égaux. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn7" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a><br /><br />Le chapitre II de l’essai cherche à montrer que dans l’état où l’humanité est capable de s’améliorer d’elle-même, c’est par la libre discussion qu’elle sera capable de trouver la vérité. Une réalité sociale ne saurait être une vérité absolue. Mill montre que les opinions socialement acceptées à une époque sont souvent rejetées par celle qui lui succède. Cette démonstration permet de comprendre la relativité de la vérité. Par l’exercice de la liberté de discussion, l’opposition sera toujours possible à l’idée dominante et ceci permettra à la société de trouver une vérité qui saura résister à la réfutation. Dans le cas où une idée est imposée à une collectivité par la tyrannie de l’opinion dominante, cette vérité sociale ne peut être confrontée. Ainsi, la collectivité ne pourra savoir si cette idée résiste à la réfutation ou si elle est fausse. En l’absence de discussion, la société ne peut progresser : « dans un état imparfait de l’esprit humain, les intérêts de la vérité exigent la diversité d’opinions. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn8" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn8" name="_ftnref8">[8]</a> La diversité n’est possible qu’avec la liberté de discussion.<br /><br />Dans l’optique qu’une société marche vers le progrès, la diversité issue de la liberté permet à la collectivité de croître au lieu de s’arrêter face à l’absence d’opposition : « Dès qu’il n’y a plus d’ennemi en vue, maîtres et disciples s’endorment à leur poste. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn9" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn9" name="_ftnref9">[9]</a> Voici donc l’argument de Mill : la liberté de discussion et de penser permet à la société de progresser et d’éviter toute tyrannie de l’opinion en entretenant toujours l’opposition.<br /><br />Au chapitre III de l’essai, Mill montre que l’exercice de la liberté a un effet salutaire sur l’individu dans sa quête du bonheur. En se basant sur la définition de Wilhem von Humboldt sur ce qu’est la fin de l’homme, il montre que c’est par l’exercice de la liberté que l’individu progresse vers cette finalité : « Il y a pour cela deux conditions à remplir : « la liberté et la variété des situations » ».<a title="" style="mso-footnote-id: ftn10" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn10" name="_ftnref10">[10]</a> Comme il a déjà été démontré, la liberté de penser et de discussion permet la diversité en société. Pour que l’homme puisse développer pleinement ses facultés, il doit pouvoir être confronté à la diversité afin de pouvoir juger de la vérité et vérifier si ses opinions résistent à l’opposition. Ainsi, l’homme pourra améliorer ses qualités discursives tout en disposant de vérités parmi lesquelles il pourra trouver la sienne et la confronter aux autres.<br /><br />Mill croit qu’il faut encourager le développement de l’individualité car elle permet à la société de se régénérer d’elle-même. Il s’inscrit en totale opposition face au conformisme car il croit que cette situation provoque la régression. C’est pourquoi il encourage l’individualité.<br /><br />« Le despotisme de la coutume est partout l’obstacle qui défie les progrès humain, parce qu’il livre une dispute incessante à cette disposition de viser mieux que l’ordinaire, et qu’on appelle, suivant les circonstances, esprit de liberté, esprit de progrès. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn11" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn11" name="_ftnref11">[11]</a><br /><br />Il est intéressant de voir que Mill confond liberté et progrès. En l’absence des libertés fondamentales qui doivent être respectées par la collectivité, l’individualité est impossible et, par conséquent, le progrès est compromis. En l’absence de la liberté, l’homme et la société ne peuvent atteindre leur fin.<br /><br />«…la seule source d’amélioration intarissable et permanente du progrès est la liberté, puisque grâce à elle, il peut y avoir autant de foyers de progrès que d’individus. Quoiqu’il en soit, le principe progressif sous ses deux formes d’amour de la liberté et d’amour de l’amélioration, s’oppose à l’empire de la Coutume, car il implique au moins l’affranchissement de ce joug ; et la lutte entre ces deux forces constitue le principal intérêt de l’histoire de l’humanité. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn12" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn12" name="_ftnref12">[12]</a><br /><br />En imposant un frein au droit de la société d’intervenir sur l’individu, on évite toute tyrannie et on pousse ces deux entités vers le progrès. Dans la dernière partie de l’essai, Mill s’efforce de montrer où la limite entre droit collectif et droit individuel doit être placée.<br /><br />Ainsi, ne pouvant intervenir que sur ce qui a un impact sur la collectivité, la société ne peut que sanctionner les actions. En aucun temps, l’homme ne peut être contraint pour ses intentions ou ses idées. C’est lorsque celui-ci veut imposer aux autres ses vues que la société peut l’en empêcher. Or, ce n’est pas sur ses idées ou ses intentions que l’homme est puni mais bien sur l’action d’imposer, la seule chose qui a un impact collectif dans ce cas-ci.<br /><br />Une autre question surgit dans le raisonnement de Mill à savoir où la société peut intervenir dans la sphère privée : est-ce que l’État (qui est vu ici comme représentant de la majorité) peut diriger l’éducation ? Le philosophe répond que laisser l’État s’occuper de l’éducation crée les mêmes conséquences que la tyrannie de la majorité. En contrôlant le contenu de ce qui est enseigné, le gouvernement crée le conformisme et, ainsi, nuit à l’individualité. Mill mentionne alors que l’État peut bien réglementer l’éducation mais ne doit en rien contrôler son contenu. Ce raisonnement vaut pour toutes les affaires sociales, l’État peut réglementer les choses mais ne doit pas en prendre le contrôle car ce serait nuire aux libertés individuelles. En contrôlant un domaine de la vie sociale, le gouvernement peut exiger de l’individu une façon de faire et de penser et ceci est une intrusion dans la sphère privée. Donc, la société peut réglementer les relations entre les individus mais ne peut pas imposer un certain conformisme sur certaines actions.<br /><br />En imposant ainsi une barrière entre les droits collectifs et les libertés individuelles, John Stuart Mill réussit à pallier le problème de la tyrannie tel qu’évoqué par Tocqueville. En obligeant la société à respecter certaines libertés, la diversité et l’opposition pourront toujours s’exercer de pleins droits et la majorité ne pourra jamais forcer la minorité à se conformer à ses coutumes. De plus, en établissant ces libertés individuelles, Mill réussit à créer le cadre dans lequel la société pourra progresser et où l’individu pourra trouver le bonheur.<br /><br /><strong>Concepts<br /></strong><br />Le concept de liberté élaboré dans l’essai se rapporte essentiellement à l’individu et s’inscrit tout à fait en opposition aux libertés anciennes où le tout prévalait sur la partie. Mill croit le contraire et nous pourrions définir son concept comme l’absence d’obstacles pour l’homme dans sa sphère privée. Dès lors, la limite de la liberté d’un individu devient celle de l’autre car, empiéter sur la liberté d’autrui c’est lui imposer une contrainte. Ainsi, si la société impose quoi que ce soit à l’individu dans ce qui ne concerne que lui, elle le contraint. Chez Mill, la partie semble prévaloir sur le tout. Conscient des problèmes que les libertés anciennes ont causés à certaines minorités ou groupes dissidents, le philosophe croit qu’en faisant prédominer la liberté individuelle, l’oppression devient impossible.<br /><br />La liberté telle que définit ici transforme le concept de société. Elle n’est plus un tout homogène mais un ensemble de projets individuels. « …le rôle de la société étant tout au plus réduit au fait d’offrir aux individus le cadre et les moyens de la poursuite de leur conception. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn13" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn13" name="_ftnref13">[13]</a> La société fournit la protection dont les individus ont besoin pour le maintien de leurs libertés individuelles. Charles Taylor résume brillamment cette conception des structures politiques et sociales dans le 19e siècle anglais dominé par la pensée utilitariste :<br /><br />« …les structures politiques et autres dans lesquelles interagissent les hommes n’ont pas de valeur inhérente. Elles ne doivent plus être considérées dignes de susciter leur allégeance, comme au temps où elles représentaient l’ordre hiérarchique des choses, ou la chaîne de l’être. Elles ne sont que des instruments mis en place par les hommes pour atteindre leurs objectifs. Les êtres humains et leurs buts deviennent la seule source de valeur politique. Les structures et les principes politiques doivent être vus comme des instruments. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn14" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn14" name="_ftnref14">[14]</a><br /><br />Mais la conception de la société développée par Mill ne se limite pas à une somme de projets particuliers ; elle est aussi composée de groupes différenciés par certains critères comme la religion ou la fonction sociale, ceux-ci formant des majorités et des minorités changeantes. Le gouvernement est la représentation du groupe majoritaire. C’est de cette conception du gouvernement représentatif qu’est issue l’inquiétude de Tocqueville auquel Mill répond dans De la liberté.<br /><br />Pour bien saisir pourquoi Mill répond à l’inquiétude de son correspondant, il faut comprendre que pour lui, la tyrannie nuit à la finalité de l’humanité. Ainsi, l’humanité a une fin que nous pourrions résumer à l’élément de progrès ou la quête de la perfection. En effet, Mill encourage la diversité et l’opposition car elle permet de se rapprocher d’une vérité absolue. Au moment où l’humanité aura trouvé cette vérité, il sera inutile de freiner la tyrannie ou d’empêcher le conformisme, car tous se plieront à ce qu’est la perfection. La finalité de l’individu est aussi cette quête de perfection exprimée dans l’œuvre par Humboldt comme le développement de toutes ses facultés.<br /><br />« « La fin de l’homme, non pas telle que la suggèrent de vagues et fugitifs désirs, mais telle que la prescrivent les décrets éternels et immuables de la raison, est le développement le plus large et le plus harmonieux de toutes ses facultés en un tout complet et cohérent » ; de sorte que l’objet « vers lequel doit tendre constamment tout être humain, et en particulier ceux qui ont l’ambition d’influencer leurs semblables, est l’individualité de la puissance et du développement. » »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn15" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn15" name="_ftnref15">[15]</a><br /><br />Cette quête d’individualité et de perfection personnelle aidera l’humanité dans son projet alors que les esprits les plus brillants pourront guider les autres dans cette quête de perfection.<br /><br />Les concepts développés par John Stuart Mill dans son essai sont à la base de notre démocratie libérale. Ses définitions de la liberté, de la société et du gouvernement continuent de structurer notre conception du libéralisme et du gouvernement représentatif. Son développement sur les libertés individuelles est à la base du gouvernement limité et des droits et libertés ; sa conception de la société comme une somme d’intérêts individuels et d’intérêts de groupes correspond tout à fait à la définition contemporaine.<br /><br /><strong>Commentaire<br /></strong><br />L’œuvre de John Stuart mérite l’admiration. Il a su répondre aux problèmes de la démocratie comme peu ne l’avait fait avant lui. Cette grande lucidité et la pérennité de son œuvre font de lui un des penseurs les plus influents de la philosophie politique. Sa connaissance de l’histoire lui permet de bien évaluer ses arguments et de les appuyer avec force. Un autre grand mérite de l’œuvre est sans doute sa laïcité : au contraire d’un John Locke qui faisait de Dieu le point de départ de l’homme et des sociétés, Mill ne voit pas ainsi les choses. En ne cherchant pas à remonter à un état de nature mais en étudiant ce que l’humanité est à son époque, le philosophe trouve des solutions aux problèmes de son temps en faisant appel à la raison pure plutôt qu’à une quelconque force divine ou justification théologique.<br /><br />Toutefois, De la liberté est une œuvre qui comporte certaines ambiguïtés. D’abord, la structure peut porter le lecteur à confondre le but poursuivi par l’auteur. Mill est clair sur l’objet de son texte alors qu’il mentionne qu’il désire trouver la limite entre ce qui est collectif et ce qui est individuel. Toutefois, la lecture de l’œuvre nous fait découvrir autre chose. Le but poursuivi par Mill n’est pas d’établir la limite mais bien de définir la structure sociale qui permettra à l’humanité d’atteindre sa finalité. Ces deux conceptions sont tout à fait différentes ; la première n’indique pas de finalité à l’humanité et nous pourrions croire que la limite que Mill veut théoriser sert simplement à éviter la tyrannie alors que ce n’est pas son seul rôle.<br /><br />Dans un autre ordre d’idées, la théorie des libertés individuelles peut créer des effets pervers et Mill en est conscient. Il ne réussit pas à régler ce problème. En mettant l’accent sur les libertés individuelles, l’auteur risque de voir se disloquer le lien social qui unit les individus. En définissant la liberté de façon négative, Mill élimine tout devoir positif de l’individu envers la société. Il essaie toutefois de remédier à ce risque au début du chapitre IV alors qu’il mentionne que l’homme a un devoir envers sa société en retour de la protection qu’elle lui procure. Une fois que l’homme a accompli son devoir, il est libre d’accomplir ses projets personnels. Cette idée élimine tout sentiment d’appartenance à une société et tout devoir positif envers celle-ci au-delà de celui qui est « fixé selon un principe équitable. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn16" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn16" name="_ftnref16">[16]</a> En fixant ainsi la liberté moderne, John Stuart Mill crée le problème que la liberté ancienne avait su pallier par la prédominance de la société sur l’individu. Il essaie alors de rétablir les vertus sociales par l’éducation mais il reste ambigu. C’est plus tard que Mill répondra à ce problème dans Considérations sur le gouvernement représentatif.<br /><br /><strong>Conclusion<br /></strong><br />Les intentions politiques de John Stuart Mill sont assez claires dans De la liberté. Dans le contexte dans lequel l’Europe et l’Amérique sont placées après l’instauration des premières démocraties, les problèmes commencent à se faire sentir et sont soulevés par certains observateurs. En grand interprète de son temps, Mill cherche à remédier à ces lacunes en formulant sa théorie. Ainsi, face à l’oppression de la Terreur pendant la Révolution française et aux inquiétudes de Tocqueville, Mill fait des libertés individuelles l’élément de base de la structure sociale des démocraties. Ainsi, l’homme peut trouver le bonheur en toute quiétude dans sa sphère privée alors que la société peut progresser sans être soumise à un conformisme qui freine l’avancement.<br /><br />Toutefois, l’œuvre de Mill amène le problème de la nature du lien social. Comment l’homme va-t-il participer au devenir de sa collectivité si c’est dans la sphère privée qu’il se réalise ? Malgré un effort louable pour résoudre ce problème, l’œuvre de Mill laisse une question ouverte auquel il répondra plus tard par le vote comme élément d’éducation aux responsabilités sociales : « La vertu du vote, indépendamment même de toute question de principe, est donc de donner à celui qui en dispose le sens de sa responsabilité face aux autres, face à la société. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn17" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn17" name="_ftnref17">[17]</a><br /><br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> John Stuart MILL. De la liberté. Éditions Gallimard, France, 1990, p.66.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> François TRÉVOUX. Dictionnaire des philosophes. Encyclopaedia Universalis, Paris, 1998, p.1056<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Mikael GARANDEAU. Le libéralisme. Éditions GP Flammarion, Paris, 1998, p.144.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn4" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Mill, 1990, opcit, p.148.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn5" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Ibid, p.66-67.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn6" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Ibid, p.74-75.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn7" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Ibid, p.75.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn8" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref8" name="_ftn8">[8]</a> Ibid, p.138.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn9" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref9" name="_ftn9">[9]</a> Ibid, p.125.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn10" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref10" name="_ftn10">[10]</a> Ibid, p.148.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn11" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref11" name="_ftn11">[11]</a> Ibid, p.169.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn12" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref12" name="_ftn12">[12]</a> Ibid, p.169.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn13" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref13" name="_ftn13">[13]</a> Ibid, p.34.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn14" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref14" name="_ftn14">[14]</a> Charles TAYLOR, « Pourquoi les nations doivent-elles se transformer en États? », Rapprocher les solitudes. Les Presses de l’Université Laval, Sainte-Foy, 1992, p.55.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn15" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref15" name="_ftn15">[15]</a>Mill, 1990, opcit, p.148.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn16" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref16" name="_ftn16">[16]</a> Ibid, p.177.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn17" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref17" name="_ftn17">[17]</a> Pierre BOURETZ. Dictionnaire des œuvres politiques. Presses universitaires de France, Paris, 1995, p.563.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-115932072608277395?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-34751023.post-1159226554073686852006-09-25T19:15:00.000-04:002006-09-25T19:28:44.933-04:00Le nationalisme : étude comparée de deux théories explicatives<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/1600/taylor.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6350/3848/400/taylor.jpg" border="0" /></a> <em>Ici, je vous propose un texte aride sur les théories explicatives du nationalisme. Les concepts élaborés sont souvent complexes mais l'idée générale permet de mieux saisir ce qu'est le nationalisme. Bien sûr, je vous invite à lire les titres en référence qui sont tout à fait passionants et plus brillaments écrits que le présent texte. Il faut donner à César ce qui revient à César!</em><br /><br /><br /><strong><em>Introduction</em></strong><br /><br />Il est rare de voir se former un consensus autour des explications d’un phénomène social ou de la présence d’une idéologie dans le monde. Ces phénomènes sont difficilement palpables et sont multi-causales, ce qui crée certaines divergences interprétatives selon l’angle préconisé par l’observateur. Le nationalisme ne fait pas exception à ceci. Concept différemment défini et analysé par plusieurs intellectuels, le nationalisme a créé son lot de débats dans les diverses sphères des sciences sociales. En plus d’être ambiguë, cette idée a fait émerger des phénomènes pervers au milieu du dernier siècle et continue encore aujourd’hui de justifier des actes immoraux, ce qui rend son étude délicate. Mais, depuis 1945, plusieurs penseurs se sont penchés sur le nationalisme afin d’en trouver les fondements et les explications.<br /><br />Le but du présent travail est justement d’analyser cette ambiguïté, cette diversité dans la justification du phénomène nationaliste. Pour ce faire, nous analyserons deux théories explicatives qui sont parfois tout à fait opposées et d’autres fois assez convergentes. En premier lieu, nous étudierons la théorie d’Ernest Gellner qui prend pour base le développement de la société industrielle comme élément initiateur du nationalisme. Ensuite, nous porterons notre attention sur certains écrits de Charles Taylor qui démontrent une certaine justification morale au phénomène. Comme nous pourrons le constater, aucune de ces théories ne réussit à saisir le nationalisme dans sa totalité et à faire consensus.<br /><br />Ce document ne cherche pas à entrer dans les subtilités des théories de ces auteurs ; l’espace dont nous disposons est beaucoup trop restreint. Nous cherchons plutôt à définir l’essentiel des idées sur lesquelles ces auteurs se basent pour élaborer leur explication. De plus, il sera intéressant de voir comment ces théories réussissent à éclairer la situation actuelle du nationalisme et comment elles envisagent son avenir.<br /><br /><em><strong>Ernest Gellner : la nationalisme comme phénomène contingent</strong></em><br /><br /><em>Contexte d’émergence de la théorie</em><br /><em><br /></em>Gellner a des origines tout à fait particulières. Né de parents juifs vivant dans une Tchécoslovaquie divisée en deux communautés linguistiques (Tchèque et Allemande), il fut ainsi soumis à plusieurs repères identitaires qui lui feront croire que l’appartenance nationale n’est pas nécessaire ou innée mais qu’elle est bien une construction de l’État et du nationalisme.<a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> Comme le mentionne son fils, Gellner se rend rapidement compte, de par ses origines différentes de son pays d’adoption, que l’appartenance nationale se construisait par l’acquisition de la langue et de la culture du pays dans les institutions d’enseignement de l’État.<br /><br />La première version de la théorie de Gellner est parue en 1964 dans un livre intitulé Thought and Change. Au chapitre VII de cet ouvrage, l’auteur cherche à redonner un peu de crédibilité à l’étude du nationalisme en essayant d’éliminer le caractère moral de ce phénomène et d’en faire un objet d’étude scientifique. C’est principalement en réponse à l’œuvre de Kédourie, Nationalism (1960), que Gellner formule sa proposition. Sa réponse porte sur le caractère contingent du nationalisme formulé par Kédourie et auquel il acquiesce tout en y apportant certaines réserves. Pour lui, cette idée n’est pas contingente en soi mais est rendue nécessaire par l’avènement d’un changement qui, lui, fut accidentel : l’industrialisation, qui transforma les structures sociales de la société. Donc, il partage l’idée de Kédourie selon laquelle le nationalisme est moderne, mais il en approfondit la justification et montre que c’est un phénomène qui aurait pu ne pas exister mais qui s’est avéré nécessaire.<br /><br />Sa théorie se raffinera avec les années pour enfin culminer dans un ouvrage intitulé Nations and Nationalism paru en 1983. Ici, nous utiliserons la version française de l’ouvrage parue en 1989. C’est dans ce livre que nous retrouvons l’explication la plus développée du nationalisme selon Gellner. Un autre ouvrage est paru en 1997 sur le même sujet mais celui de 1983 traite plus explicitement de la théorie élaborée par le sociologue.<br /><br /></em><em>Approche méthodologique<br /></em><br />Pour comprendre la théorie de Gellner, il est important de connaître selon quelle méthode et sous quel angle il envisage l’étude du nationalisme. Il perçoit le phénomène comme étant essentiellement social et trouvant ses racines dans les changements sociaux. Il n’entend en rien juger de la moralité du phénomène, il cherche plutôt à l’expliquer. C’est pourquoi il élabore sa théorie en réaction à Kédourie qui fit du nationalisme un objet moral.<br /><br />De plus, nous pouvons trouver dans l’analyse de Gellner de fortes filiations avec le matérialisme historique de Marx. Alors que Gellner prend principalement en compte la structure économique des sociétés pour en saisir les changements, il se rapproche énormément de la façon dont Marx envisage les changements sociaux et l’évolution de l’histoire :<br /><br />« Marx interprète toute l’histoire comme une dialectique, ou mouvement dynamique de forces historiques contraires. Le capitalisme n’est que le dernier-né de plusieurs modes de production qui se sont succédés en superposant aux formes antérieures de développement des structures sociales marquées par des phénomènes nouveaux, tel que le travail, la science et la technique, le droit et même la politique. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a><br /><br />Aussi, il est intéressant de remarquer comment Gellner traite de la nation comme étant la création du nationalisme et de comparer cette analyse avec la façon dont Marx envisage l’avènement des classes sociales comme le résultat de la lutte des classes. On peut dès lors constater que ces deux auteurs se rejoignent dans leur méthode d’analyse des phénomènes sociaux. Voyons maintenant comment la théorie de Gellner peut réussir à expliquer le nationalisme.<br /><br /><em>Définitions</em><br /><br />Pour bien comprendre ce que Gellner entend par nationalisme, nous tenterons ici d’expliciter sa définition. Elle paraît simple au premier abord mais elle se complique lorsqu’on en approfondit le sens :<br /><br />« Le nationalisme est essentiellement un principe politique, qui affirme que l’unité politique et l’unité nationale doivent être congruentes.<br />C’est en fonction de ce principe que le nationalisme en tant que sentiment ou que mouvement peut le mieux être défini. Le sentiment nationaliste est le sentiment de colère que suscite la violation de ce principe ou le sentiment de satisfaction que procure sa réalisation. Un mouvement nationaliste est un mouvement animé par un tel sentiment. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a><br /><br />On voit très bien ici que l’auteur fait une distinction nette entre le principe et le sentiment. Son but est de découvrir le moment où le principe est devenu une possibilité dans l’histoire, où il trouve le lieu de son existence, c'est-à-dire à partir de quel moment l’unité nationale doit correspondre à l’unité politique. Ceci implique que la culture doit devenir l’élément déterminant d’une communauté. Donc, le but de la théorie n’est pas d’expliquer les mouvements ou les sentiments nationalistes, ceux-ci sont la conséquence du nationalisme en tant que principe. C’est, par ailleurs, ce qui fait la faiblesse de l’étude de Gellner car elle ne réussit pas à justifier adéquatement l’apparition de ce mouvement idéologique dans les contextes où sa théorie échoue à apposer le diagnostic de l’industrialisation.<br /><br />Il faut aussi préciser que, selon le sociologue, la nation est créée par le nationalisme. La nation est une création, elle n’est pas un déterminant issu de la nature humaine. Les hommes ont certainement des communautés d’appartenance, mais ils n’ont pas toujours eu la nation entendue comme suit : « Deux hommes sont de la même nation si et seulement s’ils partagent la même culture quand la culture à son tour signifie un système d’idées, de signes, d’associations et de modes de comportements et de communication. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn4" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a> Il faut ajouter à cela que pour être de même nation les hommes doivent se reconnaître comme tel. Or, comme nous le verrons plus loin, cette appartenance à une nation n’a pas toujours existé. Finalement, il est important de comprendre le concept de culture comme étant, à la base, une langue commune (écrite) qui sous-tend une culture permettant aux hommes de la nation de communiquer un message dont le contenu est significatif en soi, indépendamment de tout contexte.<a title="" style="mso-footnote-id: ftn5" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a><br /><br /><em><strong>L’émergence du nationalisme : le raisonnement de Gellner<br /></strong></em><br />Le nationalisme est tributaire d’une transformation sociale qui fait passer la société agraire à la société industrielle. La société agraire impose une structure où les différences communautaires et la rigidité sociale sont de mises. Son système de production ne nécessite pas que les différents groupes impliqués dans une forme très hiérarchique communiquent entre eux de façon soutenu et libre. Les différences culturelles sont nombreuses et correspondent aux différents groupes de production et de dirigeants présents dans une telle société. La société agraire encourage le maintien de ces différences car la production ne se fait pas en commun par tous les membres de l’État (c’est ici un anachronisme pour Gellner car l’État ne peut exister sans division du travail) mais, au contraire, chaque groupe est une cellule de production indépendante. Donc, il existe des différences culturelles horizontales entre les différentes classes dirigeantes et des différences culturelles verticales entre les diverses communautés de production.<a title="" style="mso-footnote-id: ftn6" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a><br /><br />Dans un tel contexte, faire correspondre nation et État s’avère tout à fait impossible car les différences culturelles sont grandes à la fois entre la classe dirigeante et la population et entre les différents groupes de la société. « …culture et pouvoir, voués l’un à l’autre selon la théorie nationaliste, aucun d’entre eux n’a beaucoup d’inclination pour l’autre dans les conditions qui prévalent pendant la société agraire. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn7" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a> C’est le passage à la société industrielle qui impose l’homogénéité de la culture dans toutes les sphères de l’État.<br /><br />La société industrielle qui dépend du progrès et de la croissance impose la division du travail et la mobilité. Ces deux derniers éléments s’imposent par la nécessaire productivité : « Un haut niveau de productivité, comme l’affirmait Adam Smith, requiert une division du travail complexe et raffinée. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn8" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn8" name="_ftnref8">[8]</a> Une société en perpétuel changement tend aussi à créer la mobilité car les hommes sont appelés à changer de rôle à mesure que cette société se diversifie. Cette mobilité nécessite l’égalité. Il n’est pas nécessaire de faire le détail de cette proposition, mais ce qu’il faut essentiellement comprendre c’est que Gellner affirme que la société industrielle tend à éliminer les différences verticales et à imposer une nouvelle structure qui nécessite l’homogénéité. Pour que la société industrielle puisse fonctionner et progresser, il faut que le langage se standardise afin que tous puissent être mobiles et flexibles dans cette société et que la croissance industrielle soit possible.<br /><br />“ Division of labour plus mobility, or division of labour over time as well as space, is quite different in its social implications from mere division of labour over space, accompanied by a good measure of stability. It requires that the personnel involved in this process be willing and able, in terms of skills, mental equipment and general readiness, to change jobs and to change their productive social milieu.”<a title="" style="mso-footnote-id: ftn9" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn9" name="_ftnref9">[9]</a><br /><br />La standardisation, rendue nécessaire par le nouveau mode de production, ne peut pas être assurée par les petites communautés ou la famille. « The educational process itself grows, becomes complex and is diversified, and cannot be incorporated in the skills and competences of a father or a family group. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn10" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn10" name="_ftnref10">[10]</a> La structure requise pour une telle entreprise est lourde et ne peut être supportée que par une communauté dont l’ampleur est celle d’une nation. La standardisation se fait par un système d’éducation dirigé pas l’État qui vise à donner à tous les membres d’une même société un bagage commun, une langue commune afin qu’ils puissent accomplir leur rôle dans la société industrielle. Alors que cette société élimine les anciennes structures sociales en rendant la population mobile, les individus doivent pouvoir communiquer par un message qui fait du sens indépendamment du contexte dans lequel ils sont placés. Ainsi, ils seront compris par ceux qui ne font pas partie de leur structure de proximité. Cette uniformisation, rendue nécessaire par l’industrialisation, fait de la culture le principal déterminant de l’identité des individus alors que les autres référents sociaux s’amenuisent à mesure que la société se standardise. Ainsi, les frontières étatiques tendent à correspondre aux frontières culturelles ou nationales : « …la société industrielle renforce les démarcations entre les nations plutôt que celles entre les classes. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn11" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn11" name="_ftnref11">[11]</a><br /><br />C’est ce qui fait dire à Gellner que la nation est créée par le nationalisme. Car, celui-ci consiste à étendre une haute culture (lettrée) à l’ensemble de la population et à faire de cette culture le principal référent des individus. Donc, c’est l’industrialisation qui a fait du nationalisme une nécessité dans le monde moderne. C’est l’État qui, par son système d’éducation, crée la nation, qui devient la principale forme de loyauté des individus et tend à faire coïncider État et nation. Ainsi, ce n’est pas un mouvement qui prend racine dans le bas de la société et qui se réclame du pouvoir ; c’est le pouvoir qui transforme la base en lui inculquant une culture uniforme.<br /><br />On comprend maintenant mieux ce que Gellner entend par nationalisme et ce qui lui fait dire que c’est un concept moderne. Il essaie de montrer le moment où l’uniformité culturelle d’un État devient nécessaire. Ce dernier élément étant la base d’un possible nationalisme. Comme nous l’avons vu, dans la société agraire l’uniformité culturelle était inexistante et la culture elle-même n’était pas déterminante pour le pouvoir politique. C’est lorsque une langue commune devient une nécessité pour l’évolution et le progrès de la société industrielle que le nationalisme, comme principe, peu exister. C’est ce qui fait du nationalisme un élément contingent car il est issu, selon Gellner, d’une structure sociale et ne fait pas partie de la nature humaine comme d’autres ont voulu le démontrer.<br /><br />Voyons maintenant comment Charles Taylor explique le phénomène nationaliste. Nous pourrons alors constater qu’il rejoint Gellner sur certains points mais qu’il trouve sa théorie insuffisante.<br /><br /><em><strong>Charles Taylor : un fondement moral au nationalisme</strong></em><br /><br /><em>Contexte d’émergence de la théorie</em><br /><em></em><br />Il faut placer Taylor dans le contexte canadien pour bien saisir le point de départ de sa réflexion sur le nationalisme. Cela nous permet d’expliquer pourquoi il porte tant d’attention au phénomène nationaliste présent chez les minorités au sein d’un État. Il se concentre sur les fondements des mouvements nationalistes s’exprimant dans le contexte des États multinationaux comme le Canada et en réaction à une force homogénéisatrice qui menace les identités culturelles. On trouve ses réflexions sur le sujet dans plusieurs de ses écrits. Ici, nos principales références seront les textes « Pourquoi les nations doivent-elles se transformer en États ? »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn12" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn12" name="_ftnref12">[12]</a> et « Nationalism and Modernity ».<a title="" style="mso-footnote-id: ftn13" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn13" name="_ftnref13">[13]</a> Le premier texte est tiré d’un ouvrage sur le fédéralisme et le nationalisme au Canada et traite de l’expression du nationalisme dans ce contexte mais aussi dans le contexte de la modernité, ce que le deuxième texte traite particulièrement.<br /><br />Il faut aussi préciser que l’analyse du nationalisme chez Taylor se place dans un contexte plus large. Dans ses réflexions sur l’identité moderne et sur les effets de la modernité sur les communautés politiques, le philosophe laisse une place au nationalisme comme élément partiel de son étude de la modernité. C’est pourquoi nous serons tentés d’aller voir dans les autres documents de Taylor pour approfondir certains points développés dans ses textes.<br /><br /><em>Approche méthodologique<br /></em><br />Nous pourrions voir dans l’étude du nationalisme par Taylor une combinaison de plusieurs disciplines. En effet, dans son texte publié en 1997, il se réfère à Gellner et Anderson pour montrer le contexte sociologique dans lequel le nationalisme fait irruption. Il porte aussi attention aux facteurs politiques qui ont pu participer à son émergence. De plus, il se réfère beaucoup aux philosophes comme Herder et Rousseau pour montrer l’implication du phénomène chez les individus dans leur appartenance à leur communauté. Enfin, il fait appel à la morale pour montrer que le nationalisme n’est pas qu’un phénomène social mais qu’il implique un bien pour les communautés et les individus. C’est alors sur des bases historiques et sociologiques que Taylor enracine sa réflexion pour ensuite la pousser plus loin par la philosophie.<br /><br /><em>Définitions</em><br /><em><br /></em>Taylor adopte une définition du nationalisme différente de celle de Gellner. Ce n’est pas ici un principe mais un sentiment provoqué par la modernité. En ce sens, il rejoint notre premier auteur sur le caractère moderne du phénomène car le nationalisme vient en réponse à la modernisation comme un appel à la différence et à la dignité :<br /><br /></em>“But the whole context in wich this nationalism arises – that of successive waves of (institutionnal) modernization - and the resultant challenge to difference – that of the growth of categorical identities – as well as the creation of the world public sphere as a space of recognition – are quintessentially modern.” <a title="" style="mso-footnote-id: ftn14" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn14" name="_ftnref14">[14]</a><br /><br />Cette idée développée par Taylor amène une autre distinction majeure par rapport à la théorie de Gellner. Pour le philosophe canadien, le nationalisme suppose une identité prépolitique car cet appel à la différence vise justement à se doter d’un toit politique et l’allégeance à l’État vient du fait que ce dernier est d’abord le représentant de mon identité :<br /><br />“ We can speak of nationalism when the ground of the common political allegiance is some ethnic, linguistic, cultural, or religious identity that exists independantly of the polity. If I am nationalist, I owe allegiance to this state because it is the state of the X’s, where X is my national identity, one I would bear wheter or not we were lucky enough or strong enough or virtuous enough to have a state. The whole nationalist idea supposes this preprolitical identity...”<a title="" style="mso-footnote-id: ftn15" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn15" name="_ftnref15">[15]</a><br /><br />Voici donc les impératifs sur lesquels Taylor élabore sa théorie. Le nationalisme est un sentiment qui suppose une identité prépolitique et qui s’exprime comme un appel à la différence face à la modernité. Sa définition du phénomène recoupe ces prémisses fondamentales : « I am trying to account for nationalism as a call to difference in face of the wave of modernization, lived in the register of threatened dignity, and constructing a new, categorical identity as the bearer of that dignity… »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn16" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn16" name="_ftnref16">[16]</a> La notion de dignité exposée ici est un élément central de la définition. Taylor parle de dignité au sens moderne comme la reconnaissance de la valeur d’une identité, ici la nation. Cette reconnaissance ne vise pas la supériorité mais un idéal d’égalité : être placé sur le même pied que les autres nations. Cette idée prend de l’importance à mesure que la scène internationale devient un espace public car cette dignité consiste en la reconnaissance par l’autre.<br /><br />Mais nous n’avons toujours pas trouvé en quoi le nationalisme avait un fondement moral. Ce dernier repose justement sur cette idée de dignité ou de reconnaissance et sur la valeur de la communauté pour l’identité de l’homme. Comme nous le verrons, Taylor se base sur Herder pour dire que la reconnaissance de la nation est un bien en soi pour l’individu qui trouve dans sa communauté de référence l’horizon de son identité. Nous traiterons ce point plus en détails dans la suite.<br /><br /><em><strong>L’émergence du nationalisme : le raisonnement de Taylor<br /></strong></em><br />Pour élaborer sa théorie sur le nationalisme, Taylor s’appuie sur les prémisses de Gellner pour dire que le nationalisme répond à un phénomène moderne : l’élimination des différences communautaires pour se déplacer graduellement vers la distinction nationale. Il ajoute à cela les idées développées par Benedict Anderson sur la façon dont se perçoivent l’individu et la communauté dans la modernité comme une entité indépendante de tout ordre soit cosmique, soit spirituel. Il mentionne aussi la contribution majeure de Tocqueville sur l’avènement de la société égalitaire qui élimine les intermédiaires entre l’État et le citoyen. Ces précisions lui permettent de dire que le nationalisme ne pouvait se manifester dans les sociétés anciennes car on ne pouvait concevoir les communautés comme des entités autonomes. Pour lui, le nationalisme est justement relié au projet d’une nation, celui de modifier son destin par l’appel à la différence.<br /><br />Autrement, Taylor parle de différentes vagues de modernisation qui tendent à homogénéiser les sociétés et où l’État cherche à créer un lien d’appartenance chez les citoyens.<a title="" style="mso-footnote-id: ftn17" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn17" name="_ftnref17">[17]</a> C’est comme rempart à cette vague que le nationalisme fait irruption dans la modernité. Les groupes qui résistent à l’homogénéisation se créent une appartenance nationale pour mobiliser la communauté autour d’un projet et voir à la survie de cette identité menacée. Il faut tout de même apporter une nuance, Taylor ne dit pas que ces communautés veulent résister à la modernité mais bien qu’elles visent à adapter celle-ci à leur situation particulière.<br /><br />Cette résistance s’élabore en deux phases. C’est d’abord les élites du groupe qui refusent « l’avalement ». C’est là que le concept de dignité fait son apparition dans la théorie :<br />“ … the refusal – at first among elites – of incorporation by the metropolitan culture, as a recognition of the need for difference but felt exitentially as a challenge, not just as a matter of valuable common good to be created but also viscerally as a matter of dignity, in wich one’s self-worth is engaged. This is what gives nationalism its emotive power. This is what places it so frequently in the register of pride and humiliation.”<a title="" style="mso-footnote-id: ftn18" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn18" name="_ftnref18">[18]</a><br /><br />La deuxième phase réside en l’élargissement du sentiment nationaliste à l’ensemble de la population concernée et c’est là que Taylor croit que les modulations entre les divers mouvements présents dans le monde se créent. Selon la façon et l’intensité dont le sentiment est véhiculé dans la société, le mouvement variera en intensité.<br /><br />Ici, nous devons transposer l’argument de Taylor sur un autre plan pour comprendre en quoi le mouvement nationaliste a une raison d’être. Si la différence ou la dignité d’une communauté n’avait aucune valeur, le nationalisme perdrait tout son sens. Pour Taylor, la communauté a une valeur en soi qui justifie le désir de reconnaissance. Pour bien comprendre ce point, nous nous réfèrerons au texte : « Pourquoi les nations doivent-elles se transformer en États ? ». Dans ce texte, il élabore une proposition en cinq points qui explique bien sa vision du fondement moral du nationalisme :<br /><br />« 1. Les conditions de notre identité sont indispensables pour que nous soyons des sujets humains à part entière.<br />2. Pour les modernes, un (dans certain cas, le) pôle essentiel d’identification est la langue ou la culture et, par conséquent, leur communauté linguistique.<br />Donc,<br />3. L’accès à notre langue ou à notre collectivité comme pôle d’identification est indispensable pour que nous puissions être des sujets humains à part entière.<br />Ensuite,<br />4. Nous avons le droit de demander aux autres de respecter ce qui est indispensable pour que nous soyons des sujets humains à part entière, par exemple la vie, la liberté.<br />Par conséquent,<br />5. Nous avons le droit de demander aux autres de respecter les conditions nécessaires pour que notre langue ou notre collectivité soit un pôle d’identification viable. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn19" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn19" name="_ftnref19">[19]</a><br /><br />Ainsi, pour être des sujets humains à part entière, il faut que les conditions de notre identité soient respectées. Parmi celles-ci, notre culture, qui définit notre communauté de référence, est indispensable. Cette idée se rapporte à l’identité dialogique, concept que Taylor a développé dans Les sources du moi et dans La politique de reconnaissance.<a title="" style="mso-footnote-id: ftn20" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn20" name="_ftnref20">[20]</a> Il y mentionne que, malgré que la modernité ait individualisé l’identité, l’homme construit cette dernière en constant dialogue avec son horizon de signification, avec sa communauté de référence. Donc, cet appel à la dignité et à la reconnaissance représente justement ce que Taylor mentionne aux points 4 et 5. Face au caractère homogénéisateur de la modernité qui élimine graduellement les différences nationales, un groupe dont l’identité est menacée a le droit de demander le respect de sa spécificité et de sa dignité. Cette reconnaissance est indispensable pour que les individus d’une culture particulière puissent être des sujets humains à part entière, c'est-à-dire avec un horizon de signification et la possibilité d’exprimer leur identité.<br /><br /><em><strong>Pertinence de ces théories pour expliquer les nationalismes</strong></em><br /><br />Il faut débuter ici en confrontant la vision de chacun de ces auteurs. D’une certaine façon, chacun d’eux critique la théorie de l’autre. Gellner mentionne dans Thought and Change que le nationalisme ne doit pas être un sujet moral mais doit être perçu comme un phénomène social qui a ses implications dans la société. Or, Taylor fait un travail qui va à l’encontre de ceci en mentionnant que les sources du phénomène ne se trouvent pas que dans l’étude scientifique des causes sociales mais peut aussi trouver ses justifications dans la philosophie et la morale :<br /><br />« Ainsi les caractères de la modernité que j’ai mis en lumière, l’individualisme et l’expansion de la raison instrumentale, ont fréquemment été portés au compte des changements sociaux ; par exemple, comme des sous-produits de l’industrialisation, ou de la plus grande mobilité des gens ou encore de l’urbanisation. Il y a certainement d’importantes relations causales à chercher de ce côté, mais les théories qui les invoquent évitent la plupart du temps de se demander si ces changements dans la culture et dans les façons de penser sont redevables à leur force inhérente d’idéaux moraux. »<a title="" style="mso-footnote-id: ftn21" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn21" name="_ftnref21">[21]</a><br /><br />Cette critique des sciences sociales se rapporte très bien à la théorie de Gellner. Ce dernier se penche sur le phénomène afin d’en expliquer les causes mais ne cherche pas la valeur du nationalisme. Taylor se pose justement cette question qui est pour lui primordiale et qui permet de comprendre la source du nationalisme. Malgré tout, peut-on trouver dans ces théories une bonne base pour comprendre le phénomène nationaliste ?<br /><br />Gellner propose une vision intéressante qui permet de bien comprendre pourquoi l’identité nationale devient un élément fondamental dans la modernité. L’industrialisation élimine les différences et introduit une haute culture. Toutefois, cette théorie échoue sur plusieurs points. Premièrement, comment justifier le sentiment nationaliste chez les communautés sans État ? Malgré un effort considérable pour expliquer ce fait dans son modèle de la Ruritanie, Gellner ne réussit pas à justifier le phénomène car il montre auparavant que le système d’éducation est le principal agent du nationalisme et que ce système se doit d’être soutenu par un État. Même s’il mentionne l’effort des élites ruritaniennes pour ériger une haute culture, se modèle ne réussit pas à expliquer le sentiment nationaliste présent chez la population comme au Québec avant 1960. Il est tout aussi incapable d’expliquer les mouvements nationalistes dans les pays où l’industrialisation n’a pas fait son chemin. Donc, la théorie de Gellner est utile pour comprendre comment nation et État en sont venus à correspondre dans les sociétés industrielles mais elle est incapable de justifier tout autre forme de nationalisme qui sont, tout autant, des nationalismes en soi.<br /><br />Pour ce qui est de la théorie de Taylor, elle permet de comprendre comment les mouvements nationalistes émergent dans les minorités d’un État. Afin de résister à l’homogénéisation, les cultures fortes formulent le désir d’être reconnues et d’être traitées dignement. Jusque-là les choses semblent cohérentes. Mais lorsque que l’on pose la question : comment le nationalisme se justifie-t-il dans les populations majoritaires d’une société ? Peut-on dire que le nationalisme ne survient que par rapport à la menace ? Certainement pas, mais en posant la dignité comme une des bases du nationalisme, Taylor implique nécessairement que le phénomène se produit par rapport à autrui. Mais le nationalisme ou le sentiment nationaliste peut très bien se manifester dans un État par un processus de nation building visant à s’assurer la loyauté des citoyens. Will Kymlicka critique la théorie de Taylor sur ce point en disant que le nationalisme ne peut se limiter aux minorités ou être différent chez celles-ci. Il existe sous la même forme dans les sociétés majoritaires :<br /><br />“By focusing on the dignity of disadvantaged national groups, Taylor implies that there is a qualitative difference in the sources or motivations of minority and majority nationalisms. But I see no evidence that there is such a qualitative difference.” <a title="" style="mso-footnote-id: ftn22" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftn22" name="_ftnref22">[22]</a><br /><br />Donc, Taylor réussit assez bien à expliquer certains nationalismes qui se forment en réaction à la pression d’un groupe majoritaire mais échoue à expliquer l’existence du nationalisme dans les groupes majoritaires.<br /><br />Comme nous l’avons vu, les théories nationalistes arrivent difficilement à expliquer les phénomènes réels. En prenant un angle d’analyse ou en définissant le nationalisme d’une certaine façon, aucune théorie ne réussit à englober toute la question. L’ampleur du phénomène et de ses causes rend le nationalisme difficile à saisir totalement. Les théories présentées ici en sont de bons exemples. Mais qu’en est-il de leur anticipation de l’avenir du nationalisme ?<br /><br /><em><strong>Conclusion : l’avenir du nationalisme</strong></em><br /><br />Si l’on adopte la logique de Gellner pour prédire l’avenir du nationalisme, nous sommes obligés de croire que cette distinction entre nations est appelée à disparaître. Alors qu’il associe l’émergence du nationalisme à l’industrialisation des États, à la diffusion d’une culture commune et d’une langue unique à tous les membres d’une même structure industrielle, pouvons-nous croire que les différences nationales seront appelées à disparaître dans les États impliqués dans la mondialisation économique ? À mesure que les frontières nationales deviennent moins étanches, la nation perd de plus en plus son sens comme unité de production. Dans cette perspective, nous nous dirigerions lentement vers une communauté internationale homogène où les distinctions nationales n’existeraint plus. Il ne faut toutefois pas croire que les différences nationales sont appelées à disparaître si facilement. La théorie de Gellner échoue lorsque l’on pose la question de la valeur de la nationalité pour la population. Dans les contextes comme le Québec ou les groupes culturels minoritaires, l’appartenance à la nation est forte et sert de contrepoids à la mondialisation. La théorie de Taylor va donc à l’encontre de celle de Gellner sur l’avenir du nationalisme. En posant le phénomène comme une réponse au potentiel homogénéisateur de la modernité, Taylor implique justement ce contrepoids à la mondialisation dans l’appel à la différence et la dignité. Si nous adoptons sa façon d’envisager les choses, le nationalisme est appelé à se renforcir à mesure que les frontières étatiques s’affaissent. Cette menace à la distinction nationale alimente le sentiment nationaliste.<br /><br />Face à cette ambiguïté dans l’anticipation de l’avenir que ces deux théories mettent en place, comment prendre position ? La logique de ces auteurs est tout à fait cohérente et porte à croire que le nationalisme est un phénomène pluriel qui ne saurait se limiter à une explication. Si nous croyons que le nationalisme est moderne, nous devrions croire qu’il est appelé à disparaître éventuellement quand les conditions de la modernité changeront. Mais se prononcer sur l’avenir d’un phénomène qui ne réussit pas à trouver d’explications consensuelles, c’est chercher à prédire ce que nous ne pouvons pas comprendre aujourd’hui. Lorsque nous serons aptes à saisir le nationalisme dans son entièreté, nous pourrons alors prévoir comment il évoluera dans l’avenir.<br /><br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Ernest GELLNER. Nationalism. New York University Press, New York, 1997, préface.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Michel DUQUETTE, Diane LAMOUREUX. Les idées politiques de Platon à Marx. Les Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 2001, p. 416.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Ernest GELLNER. Nations et nationalisme. Payot, France, 1989, p.11.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn4" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Ibid, p. 19<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn5" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Ernest GELLNER. Thougth and Change. Weidenfeld and Nicholson, Londres, 1964, p. 155.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn6" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Gellner montre schématiquement cette idée au chapitre deux de Nations et nationalisme (op cit, p. 23).<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn7" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Nations et nationalismes, op cit, p.25.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn8" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref8" name="_ftn8">[8]</a> Ibid, p.42.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn9" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref9" name="_ftn9">[9]</a> Ernest GELLNER. « Scale and Nation », Philosophy of the Social Sciences. Volume 3, 1973, p.6.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn10" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref10" name="_ftn10">[10]</a> Ibid, p.7<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn11" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref11" name="_ftn11">[11]</a> Gellner. Nations et nationalisme, op cit, p.26.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn12" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref12" name="_ftn12">[12]</a> Charles TAYLOR. Rapprocher les solitudes. Presses de l’Université Laval, Sainte-Foy, 1992, p.45-68.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn13" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref13" name="_ftn13">[13]</a> Robert MCKIM, Jeff MCMAHAN. The Morality of Nationalism. Oxford University Press, Oxford, 1997, p.31-55.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn14" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref14" name="_ftn14">[14]</a> Taylor. « Nationalism and Modernity » in : Robert MCKIM, 1997, op cit, p.47.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn15" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref15" name="_ftn15">[15]</a> Ibid, p.40.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn16" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref16" name="_ftn16">[16]</a> Ibid, p.50.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn17" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref17" name="_ftn17">[17]</a> Ibid, p.40-41<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn18" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref18" name="_ftn18">[18]</a> Ibid, p.45.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn19" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref19" name="_ftn19">[19]</a> Taylor, Rapprocher les solitudes, op cit, p.62.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn20" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref20" name="_ftn20">[20]</a> Charles TAYLOR. Multiculturalisme. Différence et démocratie. Flammarion, France, 1994, p. 41-99.<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn21" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref21" name="_ftn21">[21]</a> Charles TAYLOR. Grandeur et misère de la modernité. Bellarmin, Québec, 1992, p.33<br /><a title="" style="mso-footnote-id: ftn22" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=34751023#_ftnref22" name="_ftn22">[22]</a> Will KYMLICKA. « The Sources of Nationalism, Commentary on Taylor ». Robert MCKIM, Jeff MCMAHAN. The Morality of Nationalism. Oxford University Press, Oxford, 1997, p.62.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34751023-115922655407368685?l=quebecrevise.blogspot.com'/></div>Pragmatikhttp://www.blogger.com/profile/13755192595859813006noreply@blogger.com0